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Muséum d'histoire naturelle de Nantes

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Modifié le : 27/11/2020 16:20:47
Intitulé de l'instrument de recherche Bibliothèque scientifique du Muséum d'histoire naturelle de Nantes. Inventaire du fonds Jacqueline Baudouin-Bodin
Cote 1602 W 13 - 1602 W 98
Titre Fonds Jacqueline Baudouin-Bodin
Date 1905-1998
Langue français, anglais, allemand, italien, espagnol
Importance matérielle 43 boîtes
Biographie ou histoire

Née Bodin le 22 février 1925, Jacqueline Baudouin-Bodin est nommée conservatrice du Muséum d'histoire naturelle de Nantes par la mairie de Nantes, le 1er janvier 1954, à l'âge de vingt-neuf ans. Elle est alors la première femme conservateur de muséum d'histoire naturelle en France. Avant d'exercer cette fonction, Jacqueline Baudouin-Bodin parcourt le Muséum en tant qu'étudiante, pendant six ans, aux côtés de Paul-Léon Niort et de Georges Durivault. De 1948 à 1952, elle est chargée par l'Inspecteur d'Académie, Monsieur Piedvach' de l'organisation du Bureau Universitaire de Statistique dirigé par Max Schmitt (futur recteur de l'Académie de Nantes), et s'occupe du Centre des œuvres en faveur des étudiants. Ces responsabilités la conduisent à prendre part à de nombreuses réunions, à la préfecture, à l'Inspection académique, ainsi qu'au rectorat de Rennes. Cette expérience facilite son intégration dans l'administration, le Muséum d'histoire naturelle de Nantes étant alors exclusivement sous tutelle municipale. 

Dès sa nomination, elle se fixe cinq règles : conserver l'esprit dans lequel ses prédécesseurs avaient conçu le Muséum tout en l'adaptant à l'époque actuelle ; respecter les collections, vérifier et continuer la rédaction des inventaires ; rendre attractives et pédagogiques les présentations ouvertes au public ; développer l'accès des publics scolaires et étudiants ; introduire la notion du vivant, par la création d'un vivarium ou d'un aquarium. En 1955, elle entreprend des premiers travaux de modernisation des vitrines, avec l'unique aide du taxidermiste, du concierge et du garde du Muséum. La même année, elle introduit le vivant au Muséum, par l'aménagement d'un premier vivarium dans le hall du premier étage, qui rencontre un très vif succès auprès du public néophyte et scientifique. En 1956 a lieu la première exposition depuis celle proposée par Ernest Marchand. Ayant pour thème "Le Papillon dans l'Art, la Science et l'Industrie", elle est réalisée dans le cadre d'une opération de Campagne internationale des Musées menée par l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), et attire 4000 visiteurs. En 1958, le Muséum est promu "musée classé de 1ère catégorie", Jacqueline Baudouin-Bodin ayant été titularisée conservatrice d'État. Ainsi, elle est chargée du contrôle scientifique des musées non classés et inspecte les musées de Cholet et de Noirmoutier. Sous sa direction et pendant près de vingt ans, le Muséum connaît un grand nombre de chantiers de modernisation et d'agrandissement. En effet, les relations du Muséum avec les autres muséum d'histoire naturelle étant quasiment nulles en 1954, l'un de ses premiers déplacements est sa participation au congrès régional de l'Association des conservateurs de musées et collections publiques qui se tient à Montpellier. Elle y découvre les premières réalisations muséologiques, les débuts de recherche en éclairage et y fait la connaissance de Georges-Henri Rivière, spécialiste de la muséologie moderne. Membre du Conseil international des musées (ICOM), elle participe à des conférences internationales, comme la cinquième Conférence générale internationale organisée à Stockholm en 1959.

Sous sa direction, les collections s'enrichissent de manière considérable, par voie d'achat, de don ou de legs. Ainsi parmi les plus significatives, peuvent être cités des massacres et un tabouret en bois sculpté acquis auprès de Madame Philipps, le don de la collection d'insectes du professeur André Maublanc en 1958, le legs du marquis René d'Abadie en 1971, le don de la collection de coléoptères du docteur Georges Touchard en 1980, le don du squelette du célèbre cheval de course Alcantara II par le Musée du cheval de Saumur et le don de la collection de lépidoptères de Monsieur Cheneau en 1981, le don de l'herbier de Jean Aubineau en 1984, ou encore l'achat de la collection de lépidoptères de Charles Bureau en 1989. Certaines pièces de collection sont mises en dépôts dans d'autres musées (la collection du lieutenant-général Edouard Dattin est déposée au Muséum national d'histoire naturel pour cinq ans après avoir été dégradée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale), d'autres sont prêtées lors d'événements publics. Ainsi en 1954, l'agence Metro-Goldwyn-Mayer demande à exposer des animaux africains naturalisés dans une vitrine des magasins Decré, à l'occasion de la sortie du film "Mogambo" au cinéma (voir dans la correspondance chronologique). Le Muséum reçoit aussi des pièces voire des collections entières en dépôt, comme la collection Campredon du Musée de Saint-Nazaire et des pièces ethnographiques en provenance du Muséum d'histoire naturelle de La Rochelle pour le montage de vitrines. Certaines collections font l'objet de travaux de recherche et de médiation en France et à l'étranger : un ouvrage sur les voyages de Frédéric Cailliaud est publié en 1989 ; plusieurs expositions et publications sont réalisées sur l'œuvre du naturaliste Jean-Jacques Audubon, notamment aux États-Unis.

Dès les premières années de son service, Jacqueline Baudouin-Bodin est chargée de créer et de diriger le Centre régional de baguage de l'Ouest, en lien avec le Centre de recherche sur les migrations des mammifères et des oiseaux et hébergé dans l'enceinte du muséum. Des opérations de baguage ont lieu tous les ans pour observer les migrations des oiseaux et des chauves-souris. Le Centre de Nantes est aussi chargé de recenser les reprises d'animaux bagués en France et à l'étranger.

Sous la direction de Jacqueline Baudouin-Bodin, le Muséum devient un gardien de la protection de la nature et de l'environnement. S'il est fréquemment solicité par le public pour identifier des spécimens méconnus (voir dans la correspondance chronologique), la conservatrice du Muséum bénéficie d'un rôle d'expert et de conseil, auprès des organes juridictionnels (son expertise est notamment requise par les Tribunaux dans certaines affaires), dans le cadre des projets d'aménagement du territoire (Commission régionale des opérations immobilières, de l'architecture et des espaces protégés), pour la protection des espèces animales, ainsi que dans le cadre de projets de création et de protection de réserves et parcs naturels régionaux (lac de Grand-Lieu, presqu'île de Guérande, île de Pierre-Rouge à Lavau, île Dumet à Piriac). Tout cela intervient dans un contexte où les scientifiques commencent, dès la fin des années 1960, à mettre en garde contre les effets néfastes de l'urbanisation, de l'agriculture intensive, de l'utilisation de pesticides, de la pollution (sonore, atmosphérique et maritime) et du déclin de la biodiversité. Autant de questions encore brûlantes par leur actualité, qui font l'objet de conférences, de rapports et de manifestations (Semaine pour l'air pur en 1969, Quizaine Nationale de la Protection de la Nature et de l'Environnement en 1971 avec ce concours "Demain nous voulons vivre" à destination des scolaires) dont témoignent les archives de ce fonds, de la fin des années 1960 à la fin des années 1980. Aussi, la sensibilisation à l'environnement et aux sciences de la nature passe par les activités pédagogiques proposées par le Muséum au public scolaire, notamment celles entrant dans le cadre du projet académique de liaison "École-Musée" qui se développe dans les années 1980.

En plus de son activité de conservatrice, Jacqueline Baudouin-Bodin entreprend plusieurs travaux de recherche, notamment une thèse sur la Grande-Brière. Elle est également nommée coordonnatrice régionale de la Culture scientifique, technique et industrielle, par les Ministères de l'Éducation Nationale, de la Culture et de la Recherche. Aussi dans les années 1970, Jacqueline Baudouin-Bodin préside le Club Soroptimist de Nantes. Le premier Club Soroptimist est créé dans la ville d'Oakland, en Californie, en 1921. Le premier club français, le Club Soroptimist international de Paris, voit le jour en 1924. Le club de Nantes naît le 13 décembre 1949 et est dissout le 2 mars 2015. Organisation non gouvernementale, Soroptimist international mène, depuis sa création, des actions autour des questions de l'environnement, de l'éducation, de la santé, de la lutte contre la violence faite aux femmes, de l'autonomisation et du leadership des femmes.

Jusqu'à son départ en retraite, le 1er mai 1989, Jacqueline Baudouin-Bodin n'a eu de cesse de participer à la mise en valeur des collections du Muséum, à sa modernisation, faisant ainsi de l'établissement un pôle de rayonnement scientifique et technique dans l'Ouest de la France.

Présentation du contenu

S'il contient quelques archives sur la carrière de Jacqueline Baudouin-Bodin et ses engagements associatifs, le fonds est majoritairement constitué de la correspondance chronologique générale, expédiée et reçue par la conservatrice dans le cadre de ses fonctions, et parfois par le secrétaire ou le bibliothécaire, de 1954 à 1989. À partir de 1982, une conservatrice-adjointe, Catherine Cuenca, est nommée et signe une partie de cette correspondance. Le fonds comporte aussi une correspondance avec des naturalistes, à savoir le marquis René d'Abadie, Camille Deuquet qui enrichissait les collections entomologiques du Muséum de spécimens australiens (d'autres lettres sont aussi classées dans les acquisitions), Georges Durand, Georges Durivault (ancien conservateur intérimaire) et le docteur Charles Odic.

Le fonds contient aussi les statuts et les procès-verbaux de réunions de la Commission de surveillance de 1954 à 1989, des archives relatives à l'état, aux acquisitions et aux dépôts des collections du Muséum (correspondance, factures) et au Centre régional de baguage de Nantes (correspondance avec les bagueurs et le Centre de recherche sur les migrations des mammifères et des oiseaux, fiches de baguage et de reprises). Une partie des archives témoigne du rôle d'expert et de conseil exercé par le Muséum sur les questions d'aménagement du territoire, de protection des espèces, de création et de suivi des réserves et parcs naturels régionaux. Le fonds contient aussi de la correspondance et d'autres documents relatifs aux travaux de recherche effectués à partir de collections du Muséum ou en rapport avec l'environnement. Aussi, une partie des archives témoigne de la participation de la conservatrice et du Muséum à des manifestations scientifiques, culturelles et environnementales. Enfin, le fonds Baudouin-Bodin contient des archives concernant d'autres institutions muséales et associations, avec lesquelles le Muséum entretenait des relations, dont les musées de Cholet et Noirmoutier, le Musée des Arts et Traditions populaires, ou encore la Société d'Aquariologie et de muséologie marine et la Société des sciences naturelles de l'Ouest de la France.

Classement

1602 W 13-14 : Papiers personnels

1602 W 15-98 : Muséum d'histoire naturelle de Nantes

Modalités d'acquisition Archives produites par l'établissement.
Accroissements Fonds clos
Documents en relation
    Archives municipales de Nantes :
  • 17 Fi 1074 : Inauguration au Muséum d'histoire naturelle de l'exposition sur le sang (24-10-1988) par Michel Chauty en présence de Jacqueline Baudouin-Bodin, conservateur du muséum.
  • 1474 W 635 : Réception pour le 45ème anniversaire du Club Soroptimist de Nantes (samedi 26 novembre 1983).
    Archives départementales de Loire-Atlantique :
  • 234 W 234 : Création de l'association Soroptimist international - Club de Nantes.
  • 2461 W 10 : Dissolution de l'association Soroptimist international - Club de Nantes.
Bibliographie DHOMBRES Jean (dir.), Un Musée dans sa ville. Sciences, industries et société dans la région nantaise, XVIIIème-XXème siècle, Nantes, Ouest Éditions, 1990, 495 p.
Soroptimist international, "Notre histoire", [en ligne], disponible sur : ww.soroptimist.fr/notre-histoire.html .
Conditions d'accès Archives consultables sur rendez-vous.
Conditions d'utilisation Toute publication de documents inédits doit être notifiée à l'établissement.
Citer sous la forme Bibliothèque scientifique du Muséum d'histoire naturelle de Nantes, fonds Jacqueline Baudouin-Bodin.

Informations sur l'instrument de recherche

Auteur(s) Bibliothèque scientifique du Muséum d'histoire naturelle de Nantes
Éditeur Bibliothèque nationale de France
Date de la version électronique 2019
Langue(s) de l'instrument de recherche Catalogue rédigé en français
Notes
Catalogue général des manuscrits
Présentation du contenu
Titre Muséum d'histoire naturelle de Nantes
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