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Union française pour le suffrage des femmes (UFSF), fonds des groupes de Niort, des Deux-Sèvres et de la fédération régionale de l’ouest

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Présentation globale de la collection

Etablissement de conservation
Université d'Angers. Service commun de la documentation
Intitulé de l'instrument de recherche Université d'Angers. Service commun de la documentation et des archives. Centre des archives du féminisme
Titre Centre des archives du féminisme
Date 1869-2020
Langue français
Biographie ou histoire Créé en 2000 au sein de la bibliothèque universitaire d'Angers par une convention de partenariat entre l'association Archives du féminisme et l'université d'Angers, le Centre des archives du féminisme (CAF) est l'un des quatre principaux lieux de collecte et de sauvegarde des archives féministes en France, aux côtés de la bibliothèque Marguerite Durand, de La contemporaine et de l'espace audiovisuel Simone de Beauvoir.
Présentation du contenu

Fonds spécialisé

Fonds CollEx

Présentation du contenu

Archives : 300 mètre(s) linéaire(s)

Monographies : 10 000 volume(s)

Périodiques : 200 titre(s)

Présentation du contenu Le CAF a permis de rassembler près de 300 mètres linéaires d'archives privées des XIXe, XXe et XXIe siècles, données ou déposées par des associations militantes d'envergure nationale ou par des personnalités françaises, de tous horizons, connues pour leur combat et leurs prises de position féministes : Benoîte Groult, Yvette Roudy, Les Chiennes de garde... : voir
Modalités d'acquisition Don(s), Dépôt
Accroissements

Fonds ouvert

En complément de ces archives, le bibliothèque universitaire d'Angers développe un fonds documentaire unique sur l'histoire des femmes, le féminisme, l'antiféminisme, la condition féminine et les relations femmes/hommes, constitué de plus de 10 000 ouvrages et plus de 200 titres de revues féministes. Elle acquiert en effet les publications récentes qui sont proposées en accès libre et constitue en parallèle une collection rétrospective de livres, de brochures, de mémoires (notamment ceux qui ont concouru pour le prix Mnémosyne), de thèses, plus anciens, rares, précieux, parfois épuisés et de littérature grise.

Informations sur le traitement

Inventorié

Informations sur le traitement Le Centre des archives du féminisme mène une politique de classement et de conservation des documents concertée avec l'association Archives du féminisme et les filières archivistique et bibliothéconomique de l'université d'Angers.
Autre(s) instrument(s) de recherche

Un état des fonds féministes, des répertoires numériques détaillés pour chaque fonds et des inventaires consultables en ligne via Calames

État des fonds féministes : voir le catalogue

Calames : voir le catalogue

Bibliographie  Site du Centre des archives du féminisme : voir
Conditions d'accès Les archives du Centre des archives du féminisme sont consultables sur rendez-vous au sein de la bibliothèque universitaire d’Angers (Site Belle-Beille) du lundi au samedi, de 9h à 12 h et de 14 h à 17h. L'accès à la salle de consultation se fait sur rendez-vous, 8 jours à l'avance. Attention, dans le cadre d'importants travaux de rénovation de la bibliothèque universitaire de Belle-Beille impactant les réserves dédiées à la conservation des archives, la salle de consultation est fermée du 30 avril à octobre 2022.
Conditions d'utilisation Reproduction : L'utilisation d'un appareil photo sans flash est autorisée après signature d'un engagement à n'utiliser les clichés qu'à titre privé. Les photocopies sont interdites.
Index

Sciences sociales - Femmes - Féminisme

Auzias Claire - Beddoukh Laure - Bonnevial Marie - Brunschvicg Cécile - Céret Josie - Chantran Anne - Charles Anne-Marie - Delavault Huguette - Deudon Catherine - Devaud Marcelle - Franjou Marie-Hélène - Gaspard Françoise - Gérard Raymonde - Gérard Renée - Giffo-Levasseur Anne-Marie - Gonin Marie-Françoise - Grosjean Michèle - Groult Benoîte - Halpern Monique - Henry Natacha - Kepès Suzanne - Kreder Colette - Lagarde Béatrice - Michel Andrée - Montreynaud Florence - Planchais Agnès - Prieur Monique - Réchard Marie-Joseph - Rosenberg-Reiner Sylvie - Roudy Yvette - Saint-Criq Régine - Simon Pierre - Sirkis Luce - Sugier Annie - Tallineau Marie-Madeleine - Trumel Nelly - Viennot Éliane - Wolfrom Jacqueline

Association des femmes journalistesAssociation nationale des études féministes (ANEF)Collectif femmes de Saint-NazaireCollectif interruption volontaire de grossesse (CIVG) TenonConseil national des femmes françaises (CNFF)Coordination du Lobby européen des femmes (La CLEF)D'une rive à l'autreÉcologie-FéminismeEncore féministes !Espace Simone de BeauvoirFemme avenirFemmes libresGroupe information santé (GIS)La Meute contre la publicité sexisteLes Chiennes de gardeMouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC)No pasaran !RupturesTémoigner pour le féminismeUnion féminine civique et sociale (UFCS)Union professionnelle féminine


Informations sur l'instrument de recherche

Auteur(s) Université d'Angers. Service commun de la documentation et des archives
Éditeur Bibliothèque nationale de France
Date de l'édition imprimée 2018/12/04
Langue(s) de l'instrument de recherche Catalogue rédigé en français
Présentation du contenu
Importance matérielle :  Volume total : Volume total : 0.4 mètre(s) linéaire(s) Résumé : archives (1925 - 1947) - droit de vote des femmes Biographie ou histoire : 

L’Union française pour le suffrage des femmes est une association féministe affiliée à l’Alliance internationale pour le suffrage des femmes et créée en 1909 par Jane Misme et Jeanne Schmahl.

La revendication première de cette organisation est clairement indiquée dans son titre : l’obtention du suffrage féminin. Se situant dans la tendance réformiste du mouvement féministe, l’UFSF réclame pour les femmes l’obtention des mêmes droits politiques que les hommes, et ce dans un cadre légal a contrario de leurs consœurs anglaises, les suffragettes. Cet accès aux urnes est perçu comme nécessaire pour permettre une amélioration sociale et juridique de la condition féminine. De plus, le suffrage féminin est défendu pour les bienfaits qu’il pourrait apporter à toute la société d’après les féministes, en permettant aux femmes de lutter contre la guerre et contre les fléaux sociaux comme l’alcoolisme ou la prostitution.

En multipliant les efforts pour s’implanter en province, l’UFSF se développe rapidement, en partie grâce au dynamisme de la secrétaire générale Cécile Brunschvicg, élue en 1910.

Cette dernière a pour priorité d’étendre l’influence de l’association en province pour augmenter le nombre de soutiens à la cause des suffragistes. Cécile Brunschvicg devient présidente de l’UFSF en 1924 et poursuit son action pour créer des groupes locaux dans tous les départements français, jusque dans les colonies.

La naissance de ces sections locales de l’UFSF s’effectue suite à la nomination d’une déléguée de l’association, chargée de recruter de nouvelles adhésions. La propagande mise en place passe par la distribution de tracts, la rédaction d’articles dans la presse et surtout par l’organisation de conférences où un public nombreux est convié.

À l’occasion de ces réunions publiques, on invite pour prendre la parole des conférencières et des conférenciers de renommée nationale, des responsables du comité central, des responsables de fédérations régionales ou des responsables de groupes. Les auditeurs sont invités à la fin de chaque conférence à adhérer à l’UFSF pour augmenter la force de cette association. Un groupe est constitué si le nombre des adhérents dépasse une cinquantaine de personnes. Un comité provisoire se met alors en place et est chargé de lancer une propagande. En assemblée générale, les statuts sont lus et adoptés puis un bureau est élu.

La création du comité niortais suit ce schéma : le groupe est officiellement créé lors d’une assemblée générale constitutive tenue à Niort le 26 février 1914, sous la présidence de Mlle Landais, directrice de l’école normale de jeunes filles. Ce nouveau groupe est mixte, même si la majorité des adhérentes sont des enseignantes. Afin de faire pression auprès de la classe politique, des élus locaux (maire, conseillers généraux, députés) sont invités lors des meetings pour entendre les revendications suffragistes. Par ailleurs, certains politiques soutiennent l’association et associent leurs noms à l’UFSF en étant membre d’honneur d’un groupe.

Le groupe de Niort nouvellement créé ne peut assurer ses activités de propagande pendant la guerre 1914-1918 mais, à la sortie du conflit, les dirigeantes du groupe s’emploient pour remobiliser les effectifs.

Pour susciter de nouvelles adhésions, les responsables contactent leurs relations et échangent avec des membres d’autres associations, comme par exemple la Ligue française pour le relèvement de la moralité publique. Afin de réunir les adhérents et les adhérentes, des conférences suffragistes sont organisées. Le groupe fait appel à des oratrices reconnues comme les responsables de l’association, Cécile Brunschvicg, présidente et Germaine Malaterre-Sellier, secrétaire générale, et également à des professionnelles réputées comme Mlle Rayton, docteur en médecine ou Marcelle Kraemer-Bach, avocate à Paris.

Sous la présidence de Marie-Josèphe Réchard, élue en 1927, le comité niortais tente de donner un nouveau souffle à l’action suffragiste dans les Deux-Sèvres : ce dynamisme est reconnu par la fédération du centre-ouest de l’UFSF qui décide d’organiser son congrès régional annuel à Niort en octobre 1930.

Nouvel échelon de l’association apparu en 1923, les fédérations régionales ont été créées dans le but de coordonner les actions de tous les groupes locaux placés sous leurs responsabilités afin d’améliorer l’organisation générale des groupes. Ces fédérations sont un relais supplémentaire de l’association pour créer plus efficacement de nouveaux comités et mobiliser un nombre plus important d’adhérents.

Le rôle des cadres en province, comme Marie-Josèphe Réchard, est primordial : les responsables créent une dynamique dans leur département pour former de nouveaux groupes locaux. Représentantes de l’UFSF en région, les présidentes sont choisies selon des critères de moralité, d’instruction, de neutralité et de respectabilité car elles sont l’image associée à l’association suffragiste.

Dans les années 1930, sur le plan national, les effectifs diminuent en raison de la crise économique et de la multiplication de groupes associatifs autre que l’UFSF. La crise s’amplifie avec la montée du fascisme, un souci de préoccupation plus important pour certaines féministes que l’obtention du droit de vote.

Cependant, l’activité suffragiste dans les Deux-Sèvres est particulièrement importante au début des années 1930 comme en témoigne le nombre de sections locales existantes : en 1925, un groupe seulement est en activité dans le département tandis qu’en 1932, pas moins de six groupes existent, ce qui fait des Deux-Sèvres l’un des départements les plus actifs du territoire français.

Malgré la baisse des adhésions nationales, la dynamique ne faiblit que de peu car en 1937, quatre groupes locaux ont été recensés. Cette énergie perceptible dans ce département est à lier en partie avec l’action de la fédération régionale, présidée par Marie-Josèphe Réchard depuis 1932. Au congrès régional de Tours de 1932, afin d’augmenter l’efficacité de la fédération régionale du centre-ouest, cette dernière est scindée pour créer une nouvelle fédération regroupant les départements de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Charente Inférieure au sein de la fédération régionale de l’ouest. Les responsables sont tenues d’organiser une fois par an un congrès régional chargé notamment de nommer le bureau de la fédération.

L’importante action déployée dans les Deux-Sèvres rencontre des difficultés causées par les opposants au suffrage des femmes.

René Héry, sénateur des Deux-Sèvres de 1920 à 1941, est particulièrement offensif envers les revendications de l’UFSF. Rapporteur en 1932 du projet de loi sur le droit de vote et l'éligibilité des femmes, il se montre résolument hostile à cette proposition. Les groupes de l’UFSF doivent également faire face aux attaques de la part du clergé, comme en 1933 où la publication locale La Semaine religieuse répand des calomnies au sujet de l’association suffragiste.

Marie-Josèphe Réchard, fervente catholique, se retrouve en conflit avec l’évêché. Ses accusations sont très pénibles pour la présidente du comité niortais qui reçoit un fort soutien de la part du comité central pour l’aider à surmonter cette épreuve. En effet, la correspondance entre les dirigeantes nationales et les responsables locales est abondante pour répondre aux sollicitations des groupes locaux, soutenir les militantes et organiser des visites des dirigeantes lors de tournées de conférences. Pour aider les sections locales, la diffusion du journal de l’association La Française est fondamentale pour transmettre les consignes des dirigeantes.

L’association suffragiste voit ses efforts récompensés le 21 avril 1944, jour où le comité français de la Libération nationale accorde le droit de vote aux femmes. Après la Deuxième Guerre mondiale, l’association opère un changement de nom : l’Union française pour le suffrage des femmes devient l’Union française pour l’action civique et politique des femmes, puis l’Union française des électrices.

Présentation du contenu : 

Fonds particulier

Fonds CollEx

Présentation du contenu : 

Archives

Présentation du contenu : 

Le fonds concerne principalement les archives du groupe de Niort, dont Marie-Josèphe Réchard fut la présidente de 1927 jusqu’à la disparition du groupe.

Ces archives sont très lacunaires pour connaître l’histoire du groupe car aucune archive antérieure à la présidence de Marie-Josèphe Réchard n’a été conservée dans ce fonds, même si le groupe existait bien avant l’adhésion de Marie-Josèphe Réchard à l’UFSF. De même, les documents présents dans le fonds devraient être complétés avec les archives produites par les autres membres du bureau du groupe niortais, soit les archives des trésoriers ou des secrétaires successifs du groupe, comme les archives de Mme Thézard, secrétaire du groupe (dans les années 1930).

Cependant, le fonds est d’une grande richesse grâce à l’activité importante de Marie-Josèphe Réchard, qui s’est fortement engagée sur le long terme. En effet, la présidente du groupe de Niort n’a pas abandonné l’association malgré des difficultés à mobiliser les adhérents et les adhérentes et a poursuivi ses efforts sur plus de dix années. Marie-Josèphe Réchard, portée par ses convictions, a mené une campagne intense pour mobiliser un maximum de personnes autour de la lutte pour l’obtention du suffrage féminin, en s’employant à créer et faire vivre plusieurs groupes locaux dans les Deux-Sèvres, comme à Bressuire, Saint-Maixent ou Parthenay.

Les documents témoignent des efforts pour réunir la population en invitant des conférencières féministes à s’exprimer sur la condition féminine. La correspondance échangée pour l’organisation de manifestations publiques comme ces conférences et autres meetings permet de comprendre l’organisation de l’association et ses méthodes de propagande, comme la diffusion de tracts et de brochures suffragistes.

D’autre part, la tenue des listes des adhérents et du montant des cotisations est intéressante pour connaître les effectifs de l’association et les périodes où le recrutement est plus difficile.L’un des outils de propagande également bien visible dans le fonds est le journal de l’association La Française, dont la directrice de rédaction n’est autre que la présidente de l’UFSF, Cécile Brunschvicg.

Marie-Josèphe Réchard, en tant qu’adhérente à l’association suffragiste, est abonnée à cet hebdomadaire. Surtout, ce journal est un lien entre le comité central et les groupes locaux : il permet de faire circuler l’information et de donner des directives aux présidentes de groupes locaux. En tant que présidente d’un comité local, Marie-Josèphe Réchard était chargée de faire connaître ce journal aux adhérents potentiels, comme un outil pour susciter de nouvelles adhésions, et était amenée à distribuer les exemplaires du journal.

Les archives liées à la fédération régionale de l’ouest présidée par Marie-Josèphe Réchard sont une source pour appréhender les relations qui existaient entre les groupes locaux et l’encadrement de ces groupes par les fédérations régionales. En cas de demande de conseil de la part des présidentes des sections locales, l’une des interlocutrices disponibles est la présidente de fédération, outre les responsables du comité central. Les différents postes auxquels Marie-Josèphe Réchard est nommée permettent de connaître cette organisation et les différents échelons créés pour optimiser l’action de l’UFSF sur le territoire français.

Informations sur le traitement : 

Catalogué

Informations sur le traitement : Cote 29 AF 1-14 Autre(s) instrument(s) de recherche : Calames : voir le catalogueDocuments en relation : 

Angers - Université d'Angers. Service commun de la documentation - Brunschvicg, Cécile (Fonds lié)

Archives départementales des Deux-Sèvres : Fonds de l’Union Française pour le suffrage des femmes 1 J 461. Ce fonds provient du dépôt de Mme Thézard, secrétaire de l’association du groupe niortais. Le chercheur pourra trouver des informations sur le groupe de Niort à partir de sa création en 1914, jusqu’à la fin des années 1930, à travers des comptes rendus de réunion, affiches, photographies...

Bibliothèque Marguerite Durand Fonds Jane Misme. Ces archives sont celles de la fondatrice puis vice-présidente de l’UFSF de 1909 à 1935.

CEDIAS-Musée social Fonds Marcelle Legrand-Falco. Ce fonds contient les archives de Marcelle Legrand-Falco (1880-1985), fondatrice de l’Union temporaire contre la prostitution réglementée en 1926.

Titre Union française pour le suffrage des femmes (UFSF), fonds des groupes de Niort, des Deux-Sèvres et de la fédération régionale de l’ouest
Date 1925-1947
Langue français
Importance matérielle Volume total : Volume total : 0.4 mètre(s) linéaire(s)
Résumé archives (1925 - 1947) - droit de vote des femmes
Biographie ou histoire

L’Union française pour le suffrage des femmes est une association féministe affiliée à l’Alliance internationale pour le suffrage des femmes et créée en 1909 par Jane Misme et Jeanne Schmahl.

La revendication première de cette organisation est clairement indiquée dans son titre : l’obtention du suffrage féminin. Se situant dans la tendance réformiste du mouvement féministe, l’UFSF réclame pour les femmes l’obtention des mêmes droits politiques que les hommes, et ce dans un cadre légal a contrario de leurs consœurs anglaises, les suffragettes. Cet accès aux urnes est perçu comme nécessaire pour permettre une amélioration sociale et juridique de la condition féminine. De plus, le suffrage féminin est défendu pour les bienfaits qu’il pourrait apporter à toute la société d’après les féministes, en permettant aux femmes de lutter contre la guerre et contre les fléaux sociaux comme l’alcoolisme ou la prostitution.

En multipliant les efforts pour s’implanter en province, l’UFSF se développe rapidement, en partie grâce au dynamisme de la secrétaire générale Cécile Brunschvicg, élue en 1910.

Cette dernière a pour priorité d’étendre l’influence de l’association en province pour augmenter le nombre de soutiens à la cause des suffragistes. Cécile Brunschvicg devient présidente de l’UFSF en 1924 et poursuit son action pour créer des groupes locaux dans tous les départements français, jusque dans les colonies.

La naissance de ces sections locales de l’UFSF s’effectue suite à la nomination d’une déléguée de l’association, chargée de recruter de nouvelles adhésions. La propagande mise en place passe par la distribution de tracts, la rédaction d’articles dans la presse et surtout par l’organisation de conférences où un public nombreux est convié.

À l’occasion de ces réunions publiques, on invite pour prendre la parole des conférencières et des conférenciers de renommée nationale, des responsables du comité central, des responsables de fédérations régionales ou des responsables de groupes. Les auditeurs sont invités à la fin de chaque conférence à adhérer à l’UFSF pour augmenter la force de cette association. Un groupe est constitué si le nombre des adhérents dépasse une cinquantaine de personnes. Un comité provisoire se met alors en place et est chargé de lancer une propagande. En assemblée générale, les statuts sont lus et adoptés puis un bureau est élu.

La création du comité niortais suit ce schéma : le groupe est officiellement créé lors d’une assemblée générale constitutive tenue à Niort le 26 février 1914, sous la présidence de Mlle Landais, directrice de l’école normale de jeunes filles. Ce nouveau groupe est mixte, même si la majorité des adhérentes sont des enseignantes. Afin de faire pression auprès de la classe politique, des élus locaux (maire, conseillers généraux, députés) sont invités lors des meetings pour entendre les revendications suffragistes. Par ailleurs, certains politiques soutiennent l’association et associent leurs noms à l’UFSF en étant membre d’honneur d’un groupe.

Le groupe de Niort nouvellement créé ne peut assurer ses activités de propagande pendant la guerre 1914-1918 mais, à la sortie du conflit, les dirigeantes du groupe s’emploient pour remobiliser les effectifs.

Pour susciter de nouvelles adhésions, les responsables contactent leurs relations et échangent avec des membres d’autres associations, comme par exemple la Ligue française pour le relèvement de la moralité publique. Afin de réunir les adhérents et les adhérentes, des conférences suffragistes sont organisées. Le groupe fait appel à des oratrices reconnues comme les responsables de l’association, Cécile Brunschvicg, présidente et Germaine Malaterre-Sellier, secrétaire générale, et également à des professionnelles réputées comme Mlle Rayton, docteur en médecine ou Marcelle Kraemer-Bach, avocate à Paris.

Sous la présidence de Marie-Josèphe Réchard, élue en 1927, le comité niortais tente de donner un nouveau souffle à l’action suffragiste dans les Deux-Sèvres : ce dynamisme est reconnu par la fédération du centre-ouest de l’UFSF qui décide d’organiser son congrès régional annuel à Niort en octobre 1930.

Nouvel échelon de l’association apparu en 1923, les fédérations régionales ont été créées dans le but de coordonner les actions de tous les groupes locaux placés sous leurs responsabilités afin d’améliorer l’organisation générale des groupes. Ces fédérations sont un relais supplémentaire de l’association pour créer plus efficacement de nouveaux comités et mobiliser un nombre plus important d’adhérents.

Le rôle des cadres en province, comme Marie-Josèphe Réchard, est primordial : les responsables créent une dynamique dans leur département pour former de nouveaux groupes locaux. Représentantes de l’UFSF en région, les présidentes sont choisies selon des critères de moralité, d’instruction, de neutralité et de respectabilité car elles sont l’image associée à l’association suffragiste.

Dans les années 1930, sur le plan national, les effectifs diminuent en raison de la crise économique et de la multiplication de groupes associatifs autre que l’UFSF. La crise s’amplifie avec la montée du fascisme, un souci de préoccupation plus important pour certaines féministes que l’obtention du droit de vote.

Cependant, l’activité suffragiste dans les Deux-Sèvres est particulièrement importante au début des années 1930 comme en témoigne le nombre de sections locales existantes : en 1925, un groupe seulement est en activité dans le département tandis qu’en 1932, pas moins de six groupes existent, ce qui fait des Deux-Sèvres l’un des départements les plus actifs du territoire français.

Malgré la baisse des adhésions nationales, la dynamique ne faiblit que de peu car en 1937, quatre groupes locaux ont été recensés. Cette énergie perceptible dans ce département est à lier en partie avec l’action de la fédération régionale, présidée par Marie-Josèphe Réchard depuis 1932. Au congrès régional de Tours de 1932, afin d’augmenter l’efficacité de la fédération régionale du centre-ouest, cette dernière est scindée pour créer une nouvelle fédération regroupant les départements de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Charente Inférieure au sein de la fédération régionale de l’ouest. Les responsables sont tenues d’organiser une fois par an un congrès régional chargé notamment de nommer le bureau de la fédération.

L’importante action déployée dans les Deux-Sèvres rencontre des difficultés causées par les opposants au suffrage des femmes.

René Héry, sénateur des Deux-Sèvres de 1920 à 1941, est particulièrement offensif envers les revendications de l’UFSF. Rapporteur en 1932 du projet de loi sur le droit de vote et l'éligibilité des femmes, il se montre résolument hostile à cette proposition. Les groupes de l’UFSF doivent également faire face aux attaques de la part du clergé, comme en 1933 où la publication locale La Semaine religieuse répand des calomnies au sujet de l’association suffragiste.

Marie-Josèphe Réchard, fervente catholique, se retrouve en conflit avec l’évêché. Ses accusations sont très pénibles pour la présidente du comité niortais qui reçoit un fort soutien de la part du comité central pour l’aider à surmonter cette épreuve. En effet, la correspondance entre les dirigeantes nationales et les responsables locales est abondante pour répondre aux sollicitations des groupes locaux, soutenir les militantes et organiser des visites des dirigeantes lors de tournées de conférences. Pour aider les sections locales, la diffusion du journal de l’association La Française est fondamentale pour transmettre les consignes des dirigeantes.

L’association suffragiste voit ses efforts récompensés le 21 avril 1944, jour où le comité français de la Libération nationale accorde le droit de vote aux femmes. Après la Deuxième Guerre mondiale, l’association opère un changement de nom : l’Union française pour le suffrage des femmes devient l’Union française pour l’action civique et politique des femmes, puis l’Union française des électrices.

Présentation du contenu

Fonds particulier

Fonds CollEx

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Archives

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Le fonds concerne principalement les archives du groupe de Niort, dont Marie-Josèphe Réchard fut la présidente de 1927 jusqu’à la disparition du groupe.

Ces archives sont très lacunaires pour connaître l’histoire du groupe car aucune archive antérieure à la présidence de Marie-Josèphe Réchard n’a été conservée dans ce fonds, même si le groupe existait bien avant l’adhésion de Marie-Josèphe Réchard à l’UFSF. De même, les documents présents dans le fonds devraient être complétés avec les archives produites par les autres membres du bureau du groupe niortais, soit les archives des trésoriers ou des secrétaires successifs du groupe, comme les archives de Mme Thézard, secrétaire du groupe (dans les années 1930).

Cependant, le fonds est d’une grande richesse grâce à l’activité importante de Marie-Josèphe Réchard, qui s’est fortement engagée sur le long terme. En effet, la présidente du groupe de Niort n’a pas abandonné l’association malgré des difficultés à mobiliser les adhérents et les adhérentes et a poursuivi ses efforts sur plus de dix années. Marie-Josèphe Réchard, portée par ses convictions, a mené une campagne intense pour mobiliser un maximum de personnes autour de la lutte pour l’obtention du suffrage féminin, en s’employant à créer et faire vivre plusieurs groupes locaux dans les Deux-Sèvres, comme à Bressuire, Saint-Maixent ou Parthenay.

Les documents témoignent des efforts pour réunir la population en invitant des conférencières féministes à s’exprimer sur la condition féminine. La correspondance échangée pour l’organisation de manifestations publiques comme ces conférences et autres meetings permet de comprendre l’organisation de l’association et ses méthodes de propagande, comme la diffusion de tracts et de brochures suffragistes.

D’autre part, la tenue des listes des adhérents et du montant des cotisations est intéressante pour connaître les effectifs de l’association et les périodes où le recrutement est plus difficile.L’un des outils de propagande également bien visible dans le fonds est le journal de l’association La Française, dont la directrice de rédaction n’est autre que la présidente de l’UFSF, Cécile Brunschvicg.

Marie-Josèphe Réchard, en tant qu’adhérente à l’association suffragiste, est abonnée à cet hebdomadaire. Surtout, ce journal est un lien entre le comité central et les groupes locaux : il permet de faire circuler l’information et de donner des directives aux présidentes de groupes locaux. En tant que présidente d’un comité local, Marie-Josèphe Réchard était chargée de faire connaître ce journal aux adhérents potentiels, comme un outil pour susciter de nouvelles adhésions, et était amenée à distribuer les exemplaires du journal.

Les archives liées à la fédération régionale de l’ouest présidée par Marie-Josèphe Réchard sont une source pour appréhender les relations qui existaient entre les groupes locaux et l’encadrement de ces groupes par les fédérations régionales. En cas de demande de conseil de la part des présidentes des sections locales, l’une des interlocutrices disponibles est la présidente de fédération, outre les responsables du comité central. Les différents postes auxquels Marie-Josèphe Réchard est nommée permettent de connaître cette organisation et les différents échelons créés pour optimiser l’action de l’UFSF sur le territoire français.

Informations sur le traitement

Catalogué

Informations sur le traitement Cote 29 AF 1-14
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Bibliothèque Marguerite Durand Fonds Jane Misme. Ces archives sont celles de la fondatrice puis vice-présidente de l’UFSF de 1909 à 1935.

CEDIAS-Musée social Fonds Marcelle Legrand-Falco. Ce fonds contient les archives de Marcelle Legrand-Falco (1880-1985), fondatrice de l’Union temporaire contre la prostitution réglementée en 1926.

Index

Thème(s) :   - Histoire  - Féminisme

Personne(s) morale(s) liée(s) :  Union française pour le suffrage des femmes Union française pour le suffrage des femmes

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