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Lettre autographe signée à Geneviève Favre, Villeneuve (Vaud) villa Olga, 11 mars 1939

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Etablissement de conservation
Bibliothèque Marguerite Durand. Paris Voir tous les inventaires
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Intitulé de l'instrument de recherche Lettres autographes et manuscrits, 3 : R à Z
Cote R à Z
Titre Lettres autographes et manuscrits, 3 : R à Z
Conditions d'accès L'accès aux collections patrimoniales est soumis à une autorisation préalable.
Conditions d'utilisation Toute publication de documents inédits doit être notifiée à l'établissement.
Citer sous la forme Bibliothèque Marguerite Durand, lettres autographes et manuscrits, 3 : R à Z

Informations sur l'instrument de recherche

Auteur(s) Bibliothèque Marguerite Durand
Éditeur Bibliothèque nationale de France
Date de la version électronique 2019
Langue(s) de l'instrument de recherche Catalogue rédigé en français
Description des révisions
  • 2019
    • De nombreuses biographies ont été ajoutées en 2019 pour les personnalités les moins connues, librement inspirées du "Dictionnaire des féministes" dirigé par Christine Bard, des biographies en annexe à la thèse de Christine Bard "Les féminismes en France : vers l'intégration des femmes dans la Cité, 1914-1940" et de notices de libraires, de catalogues de ventes, des bases Data Bnf et Wikipédia également
Présentation du contenu
Titre Rolland, Romain 
Catalogue général des manuscrits
Description du contenu
Cote :  091 ROL mf Support :  sur papier bleu Importance matérielle :  4 pages Dimensions  Autres caractéristiques matérielles :  + enveloppe Présentation du contenu : Chère Madame et amie. Excusez-moi d'avoir tardé à vous répondre. Je suis souffrant. Et votre lettre a dû faire le trajet de Vézelay à Villeneuve, pour me trouver en Suisse, où j'ai passé l'hiver, auprès de ma soeur. Je partage le chagrin, qui s'exprime dans votre lettre. Je conçois aussi votre révolte ; mais il faut la maîtriser. Elle aurait eu une efficacité, au début de la guerre civile d'Espagne, quand l'ambassadeur anglais mit insolemment son veto à l'aide que Blum voulait et devait accorder à l'Espagne républicaine. - Aujourd'hui, la bataille est perdue, pour nos amis d'Espagne ; et il n'y a plus qu'à tâcher de sauver ce qui peut encore être sauvé : - l'avenir. Ce ne serait pas le sauver qu'exciter les derniers restes de l'Espagne républicaine, décimée et trahie, à se faire massacrer sur les ruines. L'écrasement de la Commune a saigné la France de ses meilleures forces populaires, pour un demi-siècle. Après la défaite de la Révolution russe de 1905, si Lénine et ses compagnons n'avaient été sauvés, il n'y aurait pas eu d'URSS. Il faut aider à échapper et à durer les Républicains vaincus d'Espagne, afin qu'ils couvent la victoire future. Il faut, pour cela, inévitablement, en passer par les négociations avec Franco ; et la France et l'Angleterre y sont aussi contraintees par de trop réelles préoccupations de défense personnelle - de garanties- au [sic] cas de guerre (imminente). Je ne cède point à la colère aveugle contre les hommes qui nous ont infligé la honte de Munich. Ils ne sont pas les plus coupables. Les plus coupables sont ceux d'avant, qui leur ont légué une situation terrible, par criminelle insuffisance de préparatifs militaires et désorganisation sociale et financière. Depuis six mois, il paraît se faire dans les démocraties, (au prix de pénibles sacrifices), un sérieux effort de redressement. Il était temps ! Le sort de l'Espagne nous attendait. Le danger n'est point passé, mais il est tenu en arrêt. demain, j'espère, il reculera. Ce n'est pas l'heure pour souffler la révolte entre les partis. Il faut unir toutes les forces démocratiques contre les Etats fascistes qui nous assiègent. La moindre brèche qu'ils verraient s'ouvrir dans notre front de bataille, et ils se rueraient. La patrie est en danger. Il faut que se taisent les ressentiments, même légitimes. Veuillez croire, chère Madame, à mon respectueux dévouement" Historique de la conservation :  Modalités d’acquisition : 
Cote 091 ROL mf
Titre Lettre autographe signée à Geneviève Favre, Villeneuve (Vaud) villa Olga, 11 mars 1939
Date
Langue français
Support sur papier bleu
Importance matérielle 4 pages
Dimensions
Autres caractéristiques matérielles + enveloppe
Présentation du contenu Chère Madame et amie. Excusez-moi d'avoir tardé à vous répondre. Je suis souffrant. Et votre lettre a dû faire le trajet de Vézelay à Villeneuve, pour me trouver en Suisse, où j'ai passé l'hiver, auprès de ma soeur. Je partage le chagrin, qui s'exprime dans votre lettre. Je conçois aussi votre révolte ; mais il faut la maîtriser. Elle aurait eu une efficacité, au début de la guerre civile d'Espagne, quand l'ambassadeur anglais mit insolemment son veto à l'aide que Blum voulait et devait accorder à l'Espagne républicaine. - Aujourd'hui, la bataille est perdue, pour nos amis d'Espagne ; et il n'y a plus qu'à tâcher de sauver ce qui peut encore être sauvé : - l'avenir. Ce ne serait pas le sauver qu'exciter les derniers restes de l'Espagne républicaine, décimée et trahie, à se faire massacrer sur les ruines. L'écrasement de la Commune a saigné la France de ses meilleures forces populaires, pour un demi-siècle. Après la défaite de la Révolution russe de 1905, si Lénine et ses compagnons n'avaient été sauvés, il n'y aurait pas eu d'URSS. Il faut aider à échapper et à durer les Républicains vaincus d'Espagne, afin qu'ils couvent la victoire future. Il faut, pour cela, inévitablement, en passer par les négociations avec Franco ; et la France et l'Angleterre y sont aussi contraintees par de trop réelles préoccupations de défense personnelle - de garanties- au [sic] cas de guerre (imminente). Je ne cède point à la colère aveugle contre les hommes qui nous ont infligé la honte de Munich. Ils ne sont pas les plus coupables. Les plus coupables sont ceux d'avant, qui leur ont légué une situation terrible, par criminelle insuffisance de préparatifs militaires et désorganisation sociale et financière. Depuis six mois, il paraît se faire dans les démocraties, (au prix de pénibles sacrifices), un sérieux effort de redressement. Il était temps ! Le sort de l'Espagne nous attendait. Le danger n'est point passé, mais il est tenu en arrêt. demain, j'espère, il reculera. Ce n'est pas l'heure pour souffler la révolte entre les partis. Il faut unir toutes les forces démocratiques contre les Etats fascistes qui nous assiègent. La moindre brèche qu'ils verraient s'ouvrir dans notre front de bataille, et ils se rueraient. La patrie est en danger. Il faut que se taisent les ressentiments, même légitimes. Veuillez croire, chère Madame, à mon respectueux dévouement"
Historique de la conservation
Modalités d’acquisition
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