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Lettre autographe signée à Suzanne Voilquin, Paris le 5 janvier 1835

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Présentation globale de la collection

Etablissement de conservation
Bibliothèque Marguerite Durand. Paris Voir tous les inventaires
Tous les inventaires
Intitulé de l'instrument de recherche Bibliothèque Marguerite Durand. Lettres autographes et manuscrits, 1 : A à H
Cote A à H
Titre Lettres autographes et manuscrits, 1 : A à H
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Conditions d'utilisation Toute publication de documents inédits doit être notifiée à l'établissement.
Citer sous la forme Bibliothèque Marguerite Durand. Lettres autographes et manuscrits, 1 : A à H

Informations sur l'instrument de recherche

Auteur(s) Bibliothèque Marguerite Durand
Éditeur Bibliothèque nationale de France
Date de la version électronique 2019
Langue(s) de l'instrument de recherche Catalogue rédigé en français
Description des révisions
  • 2019
    • De nombreuses biographies ont été ajoutées en 2019 pour les personnalités les moins connues, librement inspirées du "Dictionnaire des féministes" dirigé par Christine Bard, des biographies en annexe à la thèse de Christine Bard "Les féminismes en France : vers l'intégration des femmes dans la Cité, 1914-1940", de notices de libraires et de catalogues de ventes ainsi que de notices des bases Data Bnf et Wikipédia
Présentation du contenu
Titre Gauny, Gabriel
Biographie ou histoire 1806-1889. Ecrivain ouvrier saint-simonien, prônant une "sobriété générale" et dénonçant les conséquences écologiques, sanitaires... de l'industrie
Historique de la conservation Voir aussi la correspondance de Suzanne Voilquin. G. Gauny a receuilli le manuscrit "Voyage en Russie" de S. Voilquin et l'a confié, avec probablement leur correspondance à Amélie Hammer, mère d'Harlor. Harlor les donnera ensuite à la Bibliothèque Marguerite Durand. Elle précise dans l'article cité plus haut (Un ouvrier poète), qu'il s'agit pour les lettres de Gauny de brouillons, ou de copies la plupart du temps
Bibliographie Un ouvrier poète : Gabriel Gauny / Harlor
Bibliographie Le philosophe plébeien / textes de Gabriel Gauny publiés par Jacques Rancière
Description du contenu
Titre Correspondance : brouillons de lettres envoyées à Suzanne Voilquin et autres
Catalogue général des manuscrits
Cote :  091 GAU mf Support :  Importance matérielle :  3 pages et demie Dimensions  Présentation du contenu : "Votre lettre datée du 15 octobre 1834 ne me fut remise que le 4 janvier... je ne sais ce qui l'attarda si longtemps, n'importe je la possède. Chère soeur ! merci ! et vous m'êtes chère parce que votre belle ardeur, votre foi native, votre suave religiosité s'originent au contact sympathique d'un coeur en commotion ! ... patience et courage... N'allez pas à la flamme, cherchez la lumière ! Vous méritez Dieu !! Oh femmes vous êtes des prières et des prières priantes pour nous....Maintenant j'ai le repentir de ne point vous connaître plus intimement... nos rapports intengibles n'en formerons j'en suis sur qu'une attraction plus infatigable car il est certaines affections qui s'etherisent et s'unissent par la pensée seule... Fatalité pour moi de ne pas m'être approché de Claire Demar et de son amant de mort, ni de Mercier, ni d'autres encore,... si j'avais baisé leurs coeurs en larme, peut-être vivraient-ils". (Claire Demar une autre féministe saint-simonienne se suicide avec son amant en 1833. Ses derniers écrits sont publiés par S. Voilquin dans La tribune des femmes. Jules Mercier, qui suivra Enfantin à Ménilmontant se suicide en 1834)."... Ecoutez, un jour j'allais à votre demeure pour m'identifier à la foi de la femme pour saisir une voix que je pourrais croire. J'étais sur le seuil de votre porte, alors je ne sais de quelle hallucination je fus aveuglé. Dans ma vision je vous vis entourée d'un monde de connaissances bourgeoises... Je m'effarouchai de moi-même... Aussi je me rappelle de vous avoir écrit, peut-être j'ai manqué de vigueur, de passion ? enfin j'ai manqué à l'épreuve. Quand nous verrons-nous comme deux pélerins mystérieux mais frères, comme deux clartés différentes mais égales de projection s'indiquant les routes les moins longues pour arriver à l'avenir adoré ? Si nous nous rencontrons enfin nous causerons de vérités fortes et subjugantes quand elles devraient comme celles de Stenio nous pousser à la détestation de nous-même" (Stenio, amoureux malheureux poussé au suicide, est un personnage du roman de George Sand Lélia paru en 1833,)."Tout à la vérité ! Puisque c'est Dieu ! Suzanne ! vous venez comme un pouvoir tentateur me distraire de ma laborieuse retraite au poste de trapiste de subversion.J'allais verser mes silences purifiants sur les délirantes douleurs enfouies dans les chartreuses de l'Ouvrier, là, sont des poésies forcenées, diamants enchassés dans la fange des éloquences forgées dans les fanfares d'une orgie sans honte d'où partent cependant quelques paroles belles comme celles de l'Imitation... Vous m'invitez à de bien belles fêtes et jamais comme vous le dites je n'y fus sourd. Je sais que l'humanité est l'exigeante patrie à qui on doit âme et sang mais il faut d'abord mesurer si sa taille est à la hauteur de l'autel et voir si le sacrifice de notre amour pourra s'y élever en s'embrasant pour tous. Et ma mère, ma mère qui s'enfoncera bientôt dans la vieillesse, faudrait-il la laisser seule se mourir comme une pauvre chose usée, et d'autres ardentes amitiés faudrait-il les laisser aimer à vide ? Répondez à cela Femme ! Moïse [Moïse Retouret ] le mort,  aussi me convia à l'apostolat, j'ai répondu Non - en me rongeant dans la colère de mon impuissance. Je suis tout en fureur [?] à force de heurter ou de franchir les abrutissements. Vous trouvez l'humanité bien laide puis vous l'aimez dans ce qu'elle peut devenir. Nos siècles sont des minutes pour Dieu. Résignation à ses décrets sans révocation ! Qui de nous deux arrivera à la croyance de l'autre ? Pourtant comme vous je voudrais bien monter aux sommets d'une gloire religieuse. Hélas mes étreintes sont inhabiles à saisir les apothéoses. Si des forces sont réprouvées c'est une indication à pomper dans les sucs de l'existence entière l'herculeité de nos âmes d'avenir ! Ainsi ne désesperons jamais puisque nous serons toujours ! Tous deux pensons à Deplanches [Marie-Théodore Desplanches ] qui pense à nous, il est le choc visible de notre invisibilité. Cherchons la lumière.. n'allons pas à la flamme. Votre lettre est espérante et généreuse. Chère soeur merci ! et peut-être au revoir. Gauny". Modalités d’acquisition : 576
Cote 091 GAU mf
Titre Lettre autographe signée à Suzanne Voilquin, Paris le 5 janvier 1835
Date 5 janvier 1835
Langue français
Support
Importance matérielle 3 pages et demie
Dimensions
Présentation du contenu "Votre lettre datée du 15 octobre 1834 ne me fut remise que le 4 janvier... je ne sais ce qui l'attarda si longtemps, n'importe je la possède. Chère soeur ! merci ! et vous m'êtes chère parce que votre belle ardeur, votre foi native, votre suave religiosité s'originent au contact sympathique d'un coeur en commotion ! ... patience et courage... N'allez pas à la flamme, cherchez la lumière ! Vous méritez Dieu !! Oh femmes vous êtes des prières et des prières priantes pour nous....Maintenant j'ai le repentir de ne point vous connaître plus intimement... nos rapports intengibles n'en formerons j'en suis sur qu'une attraction plus infatigable car il est certaines affections qui s'etherisent et s'unissent par la pensée seule... Fatalité pour moi de ne pas m'être approché de Claire Demar et de son amant de mort, ni de Mercier, ni d'autres encore,... si j'avais baisé leurs coeurs en larme, peut-être vivraient-ils". (Claire Demar une autre féministe saint-simonienne se suicide avec son amant en 1833. Ses derniers écrits sont publiés par S. Voilquin dans La tribune des femmes. Jules Mercier, qui suivra Enfantin à Ménilmontant se suicide en 1834)."... Ecoutez, un jour j'allais à votre demeure pour m'identifier à la foi de la femme pour saisir une voix que je pourrais croire. J'étais sur le seuil de votre porte, alors je ne sais de quelle hallucination je fus aveuglé. Dans ma vision je vous vis entourée d'un monde de connaissances bourgeoises... Je m'effarouchai de moi-même... Aussi je me rappelle de vous avoir écrit, peut-être j'ai manqué de vigueur, de passion ? enfin j'ai manqué à l'épreuve. Quand nous verrons-nous comme deux pélerins mystérieux mais frères, comme deux clartés différentes mais égales de projection s'indiquant les routes les moins longues pour arriver à l'avenir adoré ? Si nous nous rencontrons enfin nous causerons de vérités fortes et subjugantes quand elles devraient comme celles de Stenio nous pousser à la détestation de nous-même" (Stenio, amoureux malheureux poussé au suicide, est un personnage du roman de George Sand Lélia paru en 1833,)."Tout à la vérité ! Puisque c'est Dieu ! Suzanne ! vous venez comme un pouvoir tentateur me distraire de ma laborieuse retraite au poste de trapiste de subversion.J'allais verser mes silences purifiants sur les délirantes douleurs enfouies dans les chartreuses de l'Ouvrier, là, sont des poésies forcenées, diamants enchassés dans la fange des éloquences forgées dans les fanfares d'une orgie sans honte d'où partent cependant quelques paroles belles comme celles de l'Imitation... Vous m'invitez à de bien belles fêtes et jamais comme vous le dites je n'y fus sourd. Je sais que l'humanité est l'exigeante patrie à qui on doit âme et sang mais il faut d'abord mesurer si sa taille est à la hauteur de l'autel et voir si le sacrifice de notre amour pourra s'y élever en s'embrasant pour tous. Et ma mère, ma mère qui s'enfoncera bientôt dans la vieillesse, faudrait-il la laisser seule se mourir comme une pauvre chose usée, et d'autres ardentes amitiés faudrait-il les laisser aimer à vide ? Répondez à cela Femme ! Moïse [Moïse Retouret ] le mort,  aussi me convia à l'apostolat, j'ai répondu Non - en me rongeant dans la colère de mon impuissance. Je suis tout en fureur [?] à force de heurter ou de franchir les abrutissements. Vous trouvez l'humanité bien laide puis vous l'aimez dans ce qu'elle peut devenir. Nos siècles sont des minutes pour Dieu. Résignation à ses décrets sans révocation ! Qui de nous deux arrivera à la croyance de l'autre ? Pourtant comme vous je voudrais bien monter aux sommets d'une gloire religieuse. Hélas mes étreintes sont inhabiles à saisir les apothéoses. Si des forces sont réprouvées c'est une indication à pomper dans les sucs de l'existence entière l'herculeité de nos âmes d'avenir ! Ainsi ne désesperons jamais puisque nous serons toujours ! Tous deux pensons à Deplanches [Marie-Théodore Desplanches ] qui pense à nous, il est le choc visible de notre invisibilité. Cherchons la lumière.. n'allons pas à la flamme. Votre lettre est espérante et généreuse. Chère soeur merci ! et peut-être au revoir. Gauny".
Modalités d’acquisition 576
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