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Lettre autographe signée à Madame Marguerite Durand, Prison de Nancy le 23 octobre 1907

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Présentation globale de la collection

Etablissement de conservation
Bibliothèque Marguerite Durand. Paris Voir tous les inventaires
Tous les inventaires
Intitulé de l'instrument de recherche Lettres autographes et manuscrits, 2 : I à Q
Cote I à Q
Titre Lettres autographes et manuscrits, 2 : I à Q
Conditions d'accès L'accès aux collections patrimoniales est soumis à une autorisation préalable.
Conditions d'utilisation Toute publication de documents inédits doit être notifiée à l'établissement.
Citer sous la forme Bibliothèque Marguerite Durand, lettres autographes et manuscrits, 2 : I à Q

Informations sur l'instrument de recherche

Auteur(s) Bibliothèque Marguerite Durand
Éditeur Bibliothèque nationale de France
Date de la version électronique 2019
Langue(s) de l'instrument de recherche Catalogue rédigé en français
Description des révisions
  • 2019
    • De nombreuses biographies ont été ajoutées en 2019 pour les personnalités les moins connues, librement inspirées du "Dictionnaire des féministes" dirigé par Christine Bard, des biographies en annexe à la thèse de Christine Bard "Les féminismes en France : vers l'intégration des femmes dans la Cité, 1914-1940", des notices des bases Data Bnf et Wikipédia et de notices de Libraires et de catalogues de ventes
Présentation du contenu
Titre Petit, Gabrielle
Biographie ou histoire 1860-1952. Féministe, militante anticléricale et libertaire. Elle collabore à La Fronde puis fonde le journal La femme affranchie. Dans ses articles et dans lors de nombreuses conférences, elle dénonce le traitement policier de la prostitution, les méfaits du militarisme (ce qui lui vaudra des procès) elle prône la limitation des naissances,défend les revendications ouvrières. Elle rejoint dans les années 30 une communauté libertaire dans le Lot.
Présentation du contenu 43 documents : 17 LAS à Marguerite Durand, 1 à Jules Uhry, 1 LAS, 2 tracts, 1 carte lettre, 3 brouillons, 5 télégrammes et 12 lettres reçues dont 11 de Jules Uhry, avocat
Description du contenu
Titre Lettres de Gabrielle Petit à Marguerite Durand et Jules Uhry
Présentation du contenu La transcription respecte l'orthographe des originaux
Catalogue général des manuscrits
Cote :  091 PET m.f. Support :  Importance matérielle :  4 pages Dimensions  Présentation du contenu : "Chère Madame et amie, mercie de votre bonne lettre et de l'intérêt que vous me témoigné, je suis vivement peinée d'apprendre que vous êtes souffrante, s'il y avait une providence la maladie ne franchirait jamais le seuil de votre maison, je souhaite ardement et de tous coeur votre prompt rétablissement ainsi qu'a Madame votre mère, à qui je présente mes respectueux hommages ! J'ai écris au juge d'instruction hier afin de savoir la datte exacte ou Madame la justice représentée par des hommes, désire me jeter à la figure toutes espèces de choses qui n'ont rien de commun, ni avec mes pensées ni mes paroles et mon idéal, peu m'importe, je suis comme les cignes, plus il pleut dessus, plus ils sont blancs. Je vous serai infiniment reconnaissante de faire ce petit voyage si votre santé vous le permet ainsi que celle de Madame votre mère, pour plusieurs motifs. 1er au point de vue éducatif pour les femmes, qui je l'espère viendront nombreuses et emporteront de ce procé de quoi réfléchir un peu. 2e Cela ne fera pas de mal aux hommes qui a Nancy, après avoir fait juré aux gens de dire toute la vérité, les arrêtent net, aussitôt qu'elle montre son nez ! Je ferais certainement tous mes éfforts, afin qu'ils en vois un peu plus. 3e Les inventions policières et les rapports des petits soldats qui tranquilement mêtent dans ma bouche, les grossières expressions de casernes, oubliant que je n'y suis jamais allée et ignorant que tout ce qui est grossier et vulgaire m'inspire un profond dégoût. Et enfin voir des hommes d'un âge respectable,et qui n'ont pas l'ignorance pour escuse ramasser toutes ces turpitudes et essayer habilement de salir une femme dont la vie entière est faite de travail, de souffrances et de dévouement, et pourquoi !! que leur ai-je fait, rien je ne les connais pas. Entendre ces rapports, et voir ces physionomies cela vaut le voyage. J'ai écrit au docteur Mesllier, au citoyen Allemane, et Villar [?] j'attend leur réponse. J'avais écrit à Mr Chauvelon professeur nous étant rencontré souvent dans des réunions de la libre pensée. Ces occupations l'empèche de venir, mais il m'a écris plusieurs lettres dont je peu me servir, j'espère que sur trois il y aura au moins 2 réponses favorables. Voilà tous mes témoins, je préfère la qualité à la quantité. J'oublie. 2 citoyens qui assistaient à la conférence du 13 juillet. Dans mon raisonnement simpliste j'ai toujours vue que pour faire un civet il fallait un lièvre ou un lapin, je pensais que pour faire un procé il fallait, un fait, un délit. Erreur !! Je me suis trompée ! et j'attend avec impatience, le civet sans lièvre, qui mijote depuis 80 jours. Pourvu mon dieu que le fricot et les fricoteurs n'aie pas d'accident dans un si long voyage. Escusez moi, je suis incorigible, mais il m'est impossible de prendre au sérieux de pareilles comédies. Cela donne envie de partir chez les peaux rouges. Combien de siècles faudra-t-il aux humains pour comprendre que l'entraide mutuelle et quelque chose de doux et que l'entrave mutuelle et une chose pénible, lourde, et laide." Historique de la conservation :  Modalités d’acquisition : 
Cote 091 PET m.f.
Titre Lettre autographe signée à Madame Marguerite Durand, Prison de Nancy le 23 octobre 1907
Date 23 octobre 1907
Langue français
Support
Importance matérielle 4 pages
Dimensions
Présentation du contenu "Chère Madame et amie, mercie de votre bonne lettre et de l'intérêt que vous me témoigné, je suis vivement peinée d'apprendre que vous êtes souffrante, s'il y avait une providence la maladie ne franchirait jamais le seuil de votre maison, je souhaite ardement et de tous coeur votre prompt rétablissement ainsi qu'a Madame votre mère, à qui je présente mes respectueux hommages ! J'ai écris au juge d'instruction hier afin de savoir la datte exacte ou Madame la justice représentée par des hommes, désire me jeter à la figure toutes espèces de choses qui n'ont rien de commun, ni avec mes pensées ni mes paroles et mon idéal, peu m'importe, je suis comme les cignes, plus il pleut dessus, plus ils sont blancs. Je vous serai infiniment reconnaissante de faire ce petit voyage si votre santé vous le permet ainsi que celle de Madame votre mère, pour plusieurs motifs. 1er au point de vue éducatif pour les femmes, qui je l'espère viendront nombreuses et emporteront de ce procé de quoi réfléchir un peu. 2e Cela ne fera pas de mal aux hommes qui a Nancy, après avoir fait juré aux gens de dire toute la vérité, les arrêtent net, aussitôt qu'elle montre son nez ! Je ferais certainement tous mes éfforts, afin qu'ils en vois un peu plus. 3e Les inventions policières et les rapports des petits soldats qui tranquilement mêtent dans ma bouche, les grossières expressions de casernes, oubliant que je n'y suis jamais allée et ignorant que tout ce qui est grossier et vulgaire m'inspire un profond dégoût. Et enfin voir des hommes d'un âge respectable,et qui n'ont pas l'ignorance pour escuse ramasser toutes ces turpitudes et essayer habilement de salir une femme dont la vie entière est faite de travail, de souffrances et de dévouement, et pourquoi !! que leur ai-je fait, rien je ne les connais pas. Entendre ces rapports, et voir ces physionomies cela vaut le voyage. J'ai écrit au docteur Mesllier, au citoyen Allemane, et Villar [?] j'attend leur réponse. J'avais écrit à Mr Chauvelon professeur nous étant rencontré souvent dans des réunions de la libre pensée. Ces occupations l'empèche de venir, mais il m'a écris plusieurs lettres dont je peu me servir, j'espère que sur trois il y aura au moins 2 réponses favorables. Voilà tous mes témoins, je préfère la qualité à la quantité. J'oublie. 2 citoyens qui assistaient à la conférence du 13 juillet. Dans mon raisonnement simpliste j'ai toujours vue que pour faire un civet il fallait un lièvre ou un lapin, je pensais que pour faire un procé il fallait, un fait, un délit. Erreur !! Je me suis trompée ! et j'attend avec impatience, le civet sans lièvre, qui mijote depuis 80 jours. Pourvu mon dieu que le fricot et les fricoteurs n'aie pas d'accident dans un si long voyage. Escusez moi, je suis incorigible, mais il m'est impossible de prendre au sérieux de pareilles comédies. Cela donne envie de partir chez les peaux rouges. Combien de siècles faudra-t-il aux humains pour comprendre que l'entraide mutuelle et quelque chose de doux et que l'entrave mutuelle et une chose pénible, lourde, et laide."
Historique de la conservation
Modalités d’acquisition
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