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Lettre de Pierre Charnier adressée à Charles Dépouilly, membre du Conseil des Prud'hommes tisseurs de Paris, ancien marchand-fabricant de Lyon. Lyon, 30 novembre 1847

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Modifié le : 27/06/2022 10:27:44

Présentation globale de la collection

Etablissement de conservation
Bibliothèque municipale. Lyon, Rhône Voir tous les inventaires
Tous les inventaires
Intitulé de l'instrument de recherche Inventaire du fonds Fernand Rude
Sous-titre Papiers Pierre Charnier
Cote Mss RUDE 375-380
Titre Fonds Fernand Rude : papiers Pierre Charnier
Origine Charnier, Pierre (1795-1857). Producteur du fonds
Date fin XVIIIe-XXe siècles
Langue français
Importance matérielle 0.65 mètre linéaire
Biographie ou histoire

Pierre Charnier, né à Lyon en 1795, a été l’un des principaux chefs ouvriers lyonnais de la période 1825-1857 et l’un des fondateurs du mutuellisme à Lyon. Placé à 12 ans comme apprenti chez le chef d’atelier François Blanc « l’un des plus riches tisseurs de Lyon », son apprentissage est « prospère et joyeux ». Il acquiert son premier métier en 1817, puis monte son atelier rue Saint-Marcel en 1818 et emploie deux compagnons. En 1821, il possède 5 Jacquards et emploie 5 ouvriers. Il subit la crise de surproduction de 1825-1826, obligé de licencier 4 de ses ouvriers. Il retrouve approximativement son niveau d’activité l’année suivante.

C’est dans cette période de crise que Pierre Charnier commence à méditer sur « la réforme des abus ». Il conçoit alors une association de chefs d’atelier, le mutuellisme. Comme le dit Fernand Rude : Si le but avoué de l’association est de maintenir l’ordre dans l’atelier, le but caché, le but principal, c’est la résistance contre les fabricants, la lutte contre la bourgeoisie. Les Lyonnais ont suivi avec espoir la révolution de 1830, cru à l’augmentation des tarifs par les fabricants, dont le refus déclenche la révolte du 21 novembre 1831. Le rôle qu’a tenu Pierre Charnier dans l’insurrection de 1831 est éclairé par les « papiers » recueillis par Fernand Rude. Il s’agit de 2 540 feuillets, mémoires, notes, lettres, comptes rendus de réunions mutuellistes et de manifestations… qui décrivent de manière extrêmement précise la condition ouvrière et ses revendications.

Présentation du contenu

Mémoires, notes, lettres, factures, livres de comptes, brochures, exemplaires de journaux, faire-part, comptes rendus de réunions mutuellistes, de séances de conseils de prud'hommes et de manifestations…

Fernand Rude a annoté les archives de Pierre Charnier et réalisé des copies de documents originaux présents ou non dans le fonds.

Classement L'inventaire respecte le classement de Fernand Rude.
Historique de la conservation Fernand Rude a acquis les archives de Pierre Charnier auprès d'une librairie lyonnaise en 1931.
Modalités d'acquisition Don des héritiers de Fernand Rude, 1991.
Informations sur le traitement

Papiers Pierre Charnier décrits par Violaine Boutet de Monvel (travail achevé en 2009).

Bibliographie

Ouvrages de Fernand Rude sur le monde ouvrier lyonnais et sur Pierre Charnier

L'insurrection ouvrière de Lyon de 1831, [livre publié sous le pseudonyme de Pierre Froment], Paris, Bureau d'éditions, 1931, 96 p.

Le mouvement ouvrier à Lyon de 1827 à 1832, Paris, Domat Montchrestien, 1944, 761 p. (« Collection d'histoire sociale »).

L'insurrection lyonnaise de novembre 1831. Le mouvement ouvrier à Lyon de 1827-1832, Paris, Anthropos, 1969, 785 p.

L'Echo de la fabrique : journal des chefs d'ateliers et des ouvriers en soie de Lyon : 1831-1834, Paris, EDHIS, 21 p.

Doléances des maitres-ouvriers fabricants en étoffes d'or, d'argent et de soie de la ville de Lyon adressées au roi et à la nation assemblée, textes réunis et présentés par Fernand Rude, Lyon, Fédérop, 1976, 31, 110 p.

Le mouvement ouvrier à Lyon, Lyon, Fédérop, 1977, 68 p. (« Histoire populaire régionale »)

C'est nous les canuts..., Paris, François Maspero, 1977 (« Actes du peuple »).

Les révoltes des Canuts : novembre 1831-avril 1834, Paris, Maspero, 1982, 207 p. (« Petite collection Maspero, Histoires », 269).

Les révoltes des canuts : 1831-1834, 2e éd., Paris, La Découverte, 2007, 220 p. (« La Découverte-poche. Sciences humaines et sociales », 260)

Autres références bibliographiques sur Pierre Charnier et ses archives

C'est nous les canuts : association, résistance, courage novembre 1831-avril 1834. Exposition présentée à la bibliothèque de la ville de Lyon, 28 mars-26 mai 1984, catalogue établi par Fernand Rude et Yvette Weber, Lyon, Bibliothèque municipale, 1984.

Ludovic Frobert, « Sur les traces de Pierre Charnier », Gryphe, no 23, 2013, p. 27-32. Consultable en ligne sur le site internet de la bibliothèque municipale de Lyon.

Violaine Boutet de Monvel, « Les papiers Charnier : un témoignage en forme de puzzle », Gryphe, no 23, 2013, p. 33-35. Consultable en ligne sur le site internet de la bibliothèque municipale de Lyon.

Conditions d'accès L'accès aux collections patrimoniales est soumis à une autorisation préalable.
Conditions d'utilisation La publication de documents est soumise à l'autorisation des ayant-droits et à celle de la Bibliothèque municipale de Lyon.
Citer sous la forme Bibliothèque municipale de Lyon, ms Rude X, f. Y.

Informations sur l'instrument de recherche

Auteur(s) Violaine Boutet de Monvel
Éditeur Bibliothèque nationale de France
Date de la version électronique juin 2022
Création Instrument de recherche encodé conformément à la DTD EAD 2002 par Violaine Boutet de Monvel sous la direction d'Anne Meyer, conservateur responsable de la Documentation Lyon et Rhône-Alpes
Langue(s) de l'instrument de recherche Inventaire rédigé en français
Description des révisions
  • mai-juin 2022
    • Révision de l'encodage par Anne-Cécile Faure et Jérôme Sirdey en vue de la publication de l'instrument de recherche dans le CGM
Notes
Présentation du contenu
Division MS RUDE 376 f.463-485
Titre Année 1847 : mariage, crise économique, pétition et diableries
Présentation du contenu

Archives de Pierre Charnier.

Dossier créé par Fernand Rude contenant différents documents concernant entre autres le mariage du Comte de Chambord, les cartes de pain distribuées aux ouvriers sans travail durant la crise de 1847, la pétition à la Chambre des Députés, les diableries de la rue de Margnolles...

Catalogue général des manuscrits
Description du contenu
Division :  MS RUDE 376 f.484-485 Importance matérielle :  2 feuillets Genre et caractéristiques physiques :  lettre manuscrite Présentation du contenu : 

Pierre Charnier commence par recommander à Dépouilly, Giraud, porteur de la lettre, qui se trouve être l'auteur d'un ouvrage destiné à l'amélioration morale des ouvriers, en particulier des compagnons.

Puis, il l'informe de la situation du Conseil des Prud'hommes de Lyon depuis le départ de Dépouilly, décrivant les difficultés pour obtenir une réforme du Conseil vers une organisation plus paritaire. Il donne l'exemple de la bataille qu'il a dû livrer pour la constitution d'un conservatoire des tissus.

Pierre Charnier achève sa lettre en proposant des points de discussion à élaborer au long d'une correspondance qu'il offre d'entretenir avec son destinataire.

Il conclut en annonçant que "les diableries de la rue de Margnoles" seront jugés prochainement et qu'il sera un des principaux témoin à charge dans cette affaire qui met en cause les ateliers de travail dans les communautés religieuses.

Ateliers communautés ou couvents-ateliers : congrégations religieuses où, grâce à l'emploi d'enfants, étaient fabriqués à bon marché des ornements d'église, concurrençant le travail des ouvriers en soie.

Il s'agit sans doute d'une affaire dont on trouve la trace dans le numéro 34 du journal ouvrier parisien, La Fraternité de 1845, daté d'octobre 1847.

Un ouvrier lyonnais y relate les pratiques dont usent les religieux dans les patronages : "ils font intervenir le diable... Il n’y a pas à douter la béate cohorte l’a fait apparaître plusieurs fois et sous différentes formes dans une maison dite Providence des jeunes pauvres filles".

Pierre Charnier lui apprend également le décès de son beau-père François Blanc en 1840, duquel il a hérité d'un tiers des économies, ce qui le soulage de son travail en atelier et lui permet de se consacrer à la lutte.

Piquage d'once : sorte de vol qui se pratique chez les producteurs de soie quand on subdivise un paquet de soie en portions plus petites.

Division MS RUDE 376 f.484-485
Titre Lettre de Pierre Charnier adressée à Charles Dépouilly, membre du Conseil des Prud'hommes tisseurs de Paris, ancien marchand-fabricant de Lyon. Lyon, 30 novembre 1847
Date 30 novembre 1847
Importance matérielle 2 feuillets
Genre et caractéristiques physiques lettre manuscrite
Présentation du contenu

Pierre Charnier commence par recommander à Dépouilly, Giraud, porteur de la lettre, qui se trouve être l'auteur d'un ouvrage destiné à l'amélioration morale des ouvriers, en particulier des compagnons.

Puis, il l'informe de la situation du Conseil des Prud'hommes de Lyon depuis le départ de Dépouilly, décrivant les difficultés pour obtenir une réforme du Conseil vers une organisation plus paritaire. Il donne l'exemple de la bataille qu'il a dû livrer pour la constitution d'un conservatoire des tissus.

Pierre Charnier achève sa lettre en proposant des points de discussion à élaborer au long d'une correspondance qu'il offre d'entretenir avec son destinataire.

Il conclut en annonçant que "les diableries de la rue de Margnoles" seront jugés prochainement et qu'il sera un des principaux témoin à charge dans cette affaire qui met en cause les ateliers de travail dans les communautés religieuses.

Ateliers communautés ou couvents-ateliers : congrégations religieuses où, grâce à l'emploi d'enfants, étaient fabriqués à bon marché des ornements d'église, concurrençant le travail des ouvriers en soie.

Il s'agit sans doute d'une affaire dont on trouve la trace dans le numéro 34 du journal ouvrier parisien, La Fraternité de 1845, daté d'octobre 1847.

Un ouvrier lyonnais y relate les pratiques dont usent les religieux dans les patronages : "ils font intervenir le diable... Il n’y a pas à douter la béate cohorte l’a fait apparaître plusieurs fois et sous différentes formes dans une maison dite Providence des jeunes pauvres filles".

Pierre Charnier lui apprend également le décès de son beau-père François Blanc en 1840, duquel il a hérité d'un tiers des économies, ce qui le soulage de son travail en atelier et lui permet de se consacrer à la lutte.

Piquage d'once : sorte de vol qui se pratique chez les producteurs de soie quand on subdivise un paquet de soie en portions plus petites.

Index

 - Morale

 - Compagnons

 - Classe ouvrière

 - Conseils de prud'hommes

 - Paritarisme

 - Changement organisationnel

 - Lutte des classes

 - Presse

 - Ateliers communautés

 - Couvents

 - Lésion (droit)

 - Réforme des abus

 - Piquage d'once

 - Livre d'ouvrage

 - Paris (France)

 - Riboud Riboud [Sujet] [Sujet]

 - Thierat Thierat [Sujet] [Sujet]

 - Pellier Pellier [Sujet] [Sujet]

 - Giraud Giraud [Sujet] [Sujet]

 - Claude Arquillière (1...-1851) Claude Arquillière (1...-1851) [Sujet] [Sujet]

 - François Blanc (1770-1840) François Blanc (1770-1840) [Sujet] [Sujet]

 - Charles Dépouilly Charles Dépouilly [Destinataire de lettres] [Destinataire de lettres]

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