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Extrait d'une lettre de M. de Moissac, conseiller au parlement de Provence, à M. Bouhier, président à mortier en celui de Dijon, en date du 11 décembre 1729, au sujet des pièces cy-dessus

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Etablissement de conservation
Médiathèque Jacques-Chirac. Troyes Voir tous les inventaires
Tous les inventaires
Intitulé de l'instrument de recherche Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France. Départements. Série in-quarto — Tome II. Troyes. Fonds général (2)
Cote 1273-2427, 1-3, 1-4
Titre Manuscrits de la médiathèque de l'agglomération troyenne
Conditions d'accès L'accès aux collections patrimoniales est soumis à une autorisation préalable.
Conditions d'utilisation Toute publication de documents inédits doit être notifiée à l'établissement.
Citer sous la forme Médiathèque de l'agglomération troyenne, Ms. X, fol. Y.


Informations sur l'instrument de recherche

Auteur(s) Harmand
Commanditaire Ministère chargé de la Culture et Ministère chargé de l'Enseignement supérieur
Éditeur Bibliothèque nationale de France
Date de l'édition imprimée 1855
Date de la version électronique 9 mars 2008
Création Créé par conversion rétrospective de l'édition imprimée : [Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France. Série in-quarto]. Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques des départements. Publié sous les auspices du Ministre de l'Instruction publique — Tome Second. [Troyes]. Paris, Imprimerie impériale, 1855.
Numérisation et rendu en mode texte réalisés par la société AIS (Paris, France). Encodage effectué selon la DTD EAD-2002 par la société ArchProteus (Vancouver, Canada) le 9 mars 2008
Langue(s) de l'instrument de recherche Catalogue rédigé en français
Notes
Présentation du contenu
Titre Bibliothèque de la Ville
Description du contenu
1543
Titre (Recueil)
Langue français
Support Papier
Importance matérielle 16 pages non chiffrése, 231 pages imprimées et 182 feuillets manuscrits
Dimensions In-quarto
Présentation du contenu Le premier ouvrage est un imprimé (Paris, Cramoisy, 1645, in-4o, 231 pages).
Mention de provenance

Bibliothèque Bouhier, sans numéro.

Catalogue général des manuscrits
Division :  5o Présentation du contenu : 

Texte d'une partie de la lettre : « ... J'ai trouvé, dans une histoire manuscrite de nostre ville d'Aix (composée par un gentilhomme allié de la maison de Grimaldi-Antibes, et qui dit en avoir la preuve dans ses papiers domestiques), le sujet de la condamnation de l'avocat general Guerin. Il dit que cet indigne magistrat, ayant accusé, par-devant la chambre de la reine, le seigneur d'Antibes d'avoir des intelligences avec le duc de Savoye et le gouverneur du Milanais, il fabriqua quatre lettres par lesquelles il promettoit de leur livrer sa terre d'Antibes, qui est un port de mer limitrophe de la comté de Nice ; mais les ayant perdues en allant à Paris, il en supposa quatre autres escrites sur du papier de Melun, dans lesquelles il contrefit si bien l'ecriture du sr d'Antibes, que ce dernier les avoua, lorsqu'elles lui furent representées par le rapporteur de son procès. Mais en ayant ouï la lecture, il les desavoua avec tant de fermeté et d'assurance, que ce magistrat crut reconnoître en lui cet air de probité et d'innocence que les coupables ne peuvent jamais attraper. Ce qui l'obligea, lorsqu'il fut retiré dans son cabinet, de les examiner avec beaucoup d'attention à la lueur d'une bougie. Alors il crut d'y entrevoir la marque d'un papier qui lui estoit connu ; et ayant mandé venir un marchand papetier, ce dernier l'assura que c'estoit là du mesme papier qu'il vendoit dans sa boutique, et de la manufacture d'un ouvrier fameux, qui n'avoit commencé à travailler que depuis trois ans, et qu'aucun autre avant lui ne s'estoit servi de cette marque. Le lendemain, ce marchand lui ayant amené ce mesme ouvrier, ce dernier lui attesta le mesme fait, et lui fit voir que ce papier n'avoit esté fabriqué que plus de cinq ans après la date de ces lettres, qui estoit de l'année 1543. Par ce moyen, la fourberie de Guerin ayant esté decouverte, il fut condamné à la mort. Et, en effet, vous trouverez, monsieur, que cela se concilie pleinement avec le veu des pieces de l'arrest de Guerin, que je vous ai deja envoyé, et avec ce qui est rapporté par le sr Gaufridi dans son Histoire de Provence.

J'ai encore trouvé dans nos registres un autre fait au sujet de l'absolution du president d'Oppede, qui est que le roy, eu le renvoyant en Provence pour continuer les fonctions de sa charge, ne toucha point au procès civil qui estoit pendant au parlement de Paris pour les dommages et interets respectivement pretendus par le sr de Cental et lui. Cela paroist par le registre du 11 mai 1555, dans lequel on voit que M. le P. president d'Oppede declare abstenir (sic) au procès du sr de Coriolis la Bastide, attendu qu'il estoit proche parent du sr Coner de Tributiis, lequel est joint au procès qu'il a par devant le parlement de Paris avec le sr de Cental. Ce qui est conforme au dispositif de l'arrest du conseil rendu le 13 fevrier 1551, en faveur du baron de La Garde, par lequel le roi l'absout, sans prejudice des appellations pendantes et indecises en la cour de parlement de Paris, pour raison de l'execution de Merindol, quant à la civilité tant seulement. Ce sont les termes de cet arrest.

A l'egard du doute où vous estes, monsieur, au sujet de la reception d'Aubri en la charge de lieutenant civil, pour sçavoir si elle est anterieure à la plaidoirie de l'affaire de Merindol, je le crois pleinement eclairci par le registre du parlement de Paris, qui est à la suite du plaidoyer d'Aubri, dans lequel on lit que les gens du roi estoient M. Brulart, procureur general, M. Riants, avocat du roi, et M. Aubri, lieutenant civil de la prevosté de Paris, comme avocat pour le roi pour plaider ladite cause. Ce qui demontre, s'il me semble, qu'il estoit deja receu, puisqu'on le qualifie tel.

Quant au reproche qu'on a fait au president de Thou d'avoir suivi trop legerement les memoires qui lui estoient fournis par Calignon, je n'ai pu encore decouvrir l'auteur qui le lui a fait. Cela est dans un ancien manuscrit de cette ville, qui est conservé dans plusieurs bibliotheques ; et M. de Mazaugues m'a assuré l'avoir lu dans un autre endroit ; mais il ne s'en souvient pas. J'ai aussi trouvé dans le Journal des sçavans du mois de novembre 1691, page 653 de l'edition de Hollande, que le president de Thou a reconnu de bonne foi qu'il avoit receu plusieurs memoires des protestans. C'est pourquoi il ne faut pas s'estonner qu'il ait un peu panché de leur costé dans le recit des faits.

Et, pour finir tout ce qui concerne l'affaire de Merindol, j'aurai l'honneur de vous marquer que j'ay verifié le passage de Raymond de Souliers sur l'original, et que je l'ai trouvé entierement conforme. »

Division 5o
Titre Extrait d'une lettre de M. de Moissac, conseiller au parlement de Provence, à M. Bouhier, président à mortier en celui de Dijon, en date du 11 décembre 1729, au sujet des pièces cy-dessus
Présentation du contenu

Texte d'une partie de la lettre : « ... J'ai trouvé, dans une histoire manuscrite de nostre ville d'Aix (composée par un gentilhomme allié de la maison de Grimaldi-Antibes, et qui dit en avoir la preuve dans ses papiers domestiques), le sujet de la condamnation de l'avocat general Guerin. Il dit que cet indigne magistrat, ayant accusé, par-devant la chambre de la reine, le seigneur d'Antibes d'avoir des intelligences avec le duc de Savoye et le gouverneur du Milanais, il fabriqua quatre lettres par lesquelles il promettoit de leur livrer sa terre d'Antibes, qui est un port de mer limitrophe de la comté de Nice ; mais les ayant perdues en allant à Paris, il en supposa quatre autres escrites sur du papier de Melun, dans lesquelles il contrefit si bien l'ecriture du sr d'Antibes, que ce dernier les avoua, lorsqu'elles lui furent representées par le rapporteur de son procès. Mais en ayant ouï la lecture, il les desavoua avec tant de fermeté et d'assurance, que ce magistrat crut reconnoître en lui cet air de probité et d'innocence que les coupables ne peuvent jamais attraper. Ce qui l'obligea, lorsqu'il fut retiré dans son cabinet, de les examiner avec beaucoup d'attention à la lueur d'une bougie. Alors il crut d'y entrevoir la marque d'un papier qui lui estoit connu ; et ayant mandé venir un marchand papetier, ce dernier l'assura que c'estoit là du mesme papier qu'il vendoit dans sa boutique, et de la manufacture d'un ouvrier fameux, qui n'avoit commencé à travailler que depuis trois ans, et qu'aucun autre avant lui ne s'estoit servi de cette marque. Le lendemain, ce marchand lui ayant amené ce mesme ouvrier, ce dernier lui attesta le mesme fait, et lui fit voir que ce papier n'avoit esté fabriqué que plus de cinq ans après la date de ces lettres, qui estoit de l'année 1543. Par ce moyen, la fourberie de Guerin ayant esté decouverte, il fut condamné à la mort. Et, en effet, vous trouverez, monsieur, que cela se concilie pleinement avec le veu des pieces de l'arrest de Guerin, que je vous ai deja envoyé, et avec ce qui est rapporté par le sr Gaufridi dans son Histoire de Provence.

J'ai encore trouvé dans nos registres un autre fait au sujet de l'absolution du president d'Oppede, qui est que le roy, eu le renvoyant en Provence pour continuer les fonctions de sa charge, ne toucha point au procès civil qui estoit pendant au parlement de Paris pour les dommages et interets respectivement pretendus par le sr de Cental et lui. Cela paroist par le registre du 11 mai 1555, dans lequel on voit que M. le P. president d'Oppede declare abstenir (sic) au procès du sr de Coriolis la Bastide, attendu qu'il estoit proche parent du sr Coner de Tributiis, lequel est joint au procès qu'il a par devant le parlement de Paris avec le sr de Cental. Ce qui est conforme au dispositif de l'arrest du conseil rendu le 13 fevrier 1551, en faveur du baron de La Garde, par lequel le roi l'absout, sans prejudice des appellations pendantes et indecises en la cour de parlement de Paris, pour raison de l'execution de Merindol, quant à la civilité tant seulement. Ce sont les termes de cet arrest.

A l'egard du doute où vous estes, monsieur, au sujet de la reception d'Aubri en la charge de lieutenant civil, pour sçavoir si elle est anterieure à la plaidoirie de l'affaire de Merindol, je le crois pleinement eclairci par le registre du parlement de Paris, qui est à la suite du plaidoyer d'Aubri, dans lequel on lit que les gens du roi estoient M. Brulart, procureur general, M. Riants, avocat du roi, et M. Aubri, lieutenant civil de la prevosté de Paris, comme avocat pour le roi pour plaider ladite cause. Ce qui demontre, s'il me semble, qu'il estoit deja receu, puisqu'on le qualifie tel.

Quant au reproche qu'on a fait au president de Thou d'avoir suivi trop legerement les memoires qui lui estoient fournis par Calignon, je n'ai pu encore decouvrir l'auteur qui le lui a fait. Cela est dans un ancien manuscrit de cette ville, qui est conservé dans plusieurs bibliotheques ; et M. de Mazaugues m'a assuré l'avoir lu dans un autre endroit ; mais il ne s'en souvient pas. J'ai aussi trouvé dans le Journal des sçavans du mois de novembre 1691, page 653 de l'edition de Hollande, que le president de Thou a reconnu de bonne foi qu'il avoit receu plusieurs memoires des protestans. C'est pourquoi il ne faut pas s'estonner qu'il ait un peu panché de leur costé dans le recit des faits.

Et, pour finir tout ce qui concerne l'affaire de Merindol, j'aurai l'honneur de vous marquer que j'ay verifié le passage de Raymond de Souliers sur l'original, et que je l'ai trouvé entierement conforme. »

Index

 - Moissac (M. de), conseiller au parlement de Provence Moissac (M. de), conseiller au parlement de Provence [Auteur] [Auteur]  -  Lettre à M. Bouhier, 11 décembre 1729, sur l'exécution de Mérindol et Cabrières Lettre à M. Bouhier, 11 décembre 1729, sur l'exécution de Mérindol et Cabrières

 - Merindol et Cabrieres (Histoire de l'exécution de), et pièces diverses Merindol et Cabrieres (Histoire de l'exécution de), et pièces diverses

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