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Fonds Merchez

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Mise à jour : 17/09/2021 16:04:51
Fonds Merchez

Période des documents

1904 - 1994 

Volume total du fonds

1,40 mètre(s) linéaire(s)

Type(s) de fonds

Fonds particulier

Permalien

https://ccfr.bnf.fr/portailccfr/ark:/06871/0035656

Description du contenu

Ce fonds a pour intérêt majeur de renseigner la vie d’Aimé Merchez, responsable départemental du Front National dans la Somme durant la Seconde Guerre mondiale.
Peu de documents témoignent néanmoins de ses activités résistantes mais le fonds renferme une correspondance importante composée de plus de deux cents lettres depuis l’incorporation d’Aimé Merchez dans l’armée en 1937 jusqu’à sa démobilisation en août 1940. Il s’agit de sources exceptionnelles car elles renseignent jour après jour de la vie d’un instituteur durant son service militaire puis pendant la campagne de France de mai-juin 1940. De nombreux sujets sont abordés dans ces lettres notamment les questions alimentaires, logistiques ou organisationnelles du quotidien. Elles témoignent également de relations familiales étroites et d’une réelle attention portée les uns aux autres.
La correspondance entre 1940 et 1944 est quasiment absente certainement car Aimé Merchez était revenu vivre chez ses parents à Amiens et qu’il ne lui était donc plus nécessaire de leur écrire.
On relèvera avec intérêt que les lettres écrites à ses parents alors qu’il était emprisonné à la Citadelle entre avril et août 1944 ont pour partie été conservées. Certaines d’entre elles portent des mentions intéressantes intimant à leur destruction après lecture, sûrement en raison de l’interdiction de correspondre vers l’extérieur. L’aspect des lettres, des lignes serrées, écrites au crayon de bois ; le papier utilisé, arraché à des cahiers formant des petits formats, abondent en ce sens.
Les documents et objets témoignant des hommages posthumes rendus par la nation à Aimé Merchez portent en eux la question de la construction de la mémoire de la Résistance et incitent à larecherche d’autres éléments sur les actions résistantes d’Aimé Merchez car le fonds est, sur ce point, mutique ; il ne contient que peu de traces des activités d’Aimé, comme, par ailleurs, de celles de sa sœur. Les coupures de presse post 1945 sont en revanche plus éloquentes et révèlent à tous qui était cet homme et quelles furent ses actions entre 1941 et 1944.
Les autres membres de la famille ne sont renseignés que par quelques documents, l’ensemble le plus important étant celui relatif à Geneviève Merchez. Les archives composant cette partie ne permettent que d’appréhender de façon marginale sa vie et son activité de sage-femme. Les relations avec son frère sont pour l’essentiel consignée dans la correspondance que son frère lui a écrite et dans les pièces relatives à la recherche et au
rapatriement de son corps.

Etat du fonds

Bon état

Autres données de volumétrie

87 articles

Thèmes principaux

Guerre mondiale (1939-1945) - Résistance - Famille.

Personne(s) liée(s)

Aimé Merchez.

Famille liée

famille Merchez.

Lieu(x) géographique(s)

Somme. 

Type(s) de documents

Archives . 

Accès et catalogues

Conditions d'accès

Le Service intercommunal d’Archives autorise un accès plein et entier aux archives constitutives du fonds, exceptées les articles 5AP13 et 5AP14. Ceux-là ne seront communicables que vingt cinq années après son décès, en 2030. Ces vingt cinq années correspondent au délai d’incommunicabilité en vigueur concernant les archives publiques relevant du secret médical. Il a donc été choisi par analogie pour ces archives privées.

Possibilités de prêt

Non

Possibilités de prêt inter-bibliothèques

Non

Possibilités de reproduction

L’état actuel des documents permet la reproduction par photographie sans usage du flash et par photocopie exceptés certains des petits formats reliés, parfois légèrement abîmés, et qui ne peuvent supporter le passage en photocopieuse.

Catalogue(s) et inventaire(s)

Répertoire numérique détaillé des archives de la famille Merchez rédigé par Gautier Gente

Catalogue(s) en ligne

Inventaire des manuscrits publié dans le CGM Catalogue général des Manuscrits 


Répertoire numérique détaillé des archives de la famille Merchez rédigé par Gautier Gente 

Historique et constitution

Historique

Le fonds d’archives de la famille Merchez témoigne de la vie d’une famille française ancrée en Picardie dans la première moitié du XXe siècle. Il est, dans sa majeure partie, composé d’archives relatives à Aimé Merchez, figure picarde de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale.

Aimé Merchez est né en 1917 à Mazinghien (59) et suis une
scolarité secondaire au collège de Péronne (80) avant d’intégrer
le collège Auguste Janvier à Amiens au moins à partir de la
quatrième. Il entre en 1934 à l’École normale d’Amiens et en sort diplômé en 1937 date à laquelle il devient l’instituteur de l’école de Frettecuisse (80).
Il part ensuite faire son service militaire en octobre 1937 dans l’armée de l’air au fort de Saint-Cyr (60) puis est affecté au poste météorologique de Compiègne (60) en 1938 et au terrain d’aviation de Beauvais (60) en 1939 et revient de nouveau en fin d’année 1939 au Fort de Saint-Cyr.
Aimé Merchez se trouve alors plongé en pleine Seconde Guerre mondiale et vit de près la Débâcle de juin 1940. Il subit le repli panique de l’armée française pour finalement stationner dans les Pyrénées Atlantique à Thuir en attendant sa démobilisation en août 1940.

Il rejoindra ses fonctions civiles en octobre 1940 date à laquelle il est nommé instituteur à l’école d’Ailly-sur Somme. Il réside durant toute cette période amiénoise chez ses parents d’abord au 109, rue des Jardins puis au 135, rue Abbé de l’épée à Amiens.
Aimé Merchez refuse la défaite, se rallie aux idées du général de Gaulle et entre dans la Résistance comme Franc Tireur Partisan sous le nom de NICOLE. Il devient par la suite responsable départemental du Front National en remplacement de Paul Guenard. Ses contemporains témoignent de son action comme étant résolue et ferme avec pour horizon la défaite allemande et la libération du pays. Son action constante s’étendra dans tout le département sous des formes plurielles : impression de « Picardie Libre » dans le Vimeu, secours à des parachutistes anglais, pose de mines, établissement de faux papiers, préparation de refuges, déraillements, pillages de mairie. Il semblerait que la majorité des actions de résistance de 1943 et
1944 portent sa signature. Le 20 avril 1944, il est désigné par les chefs des groupes de résistance Président du comité départemental censé se constituer au jour de la Libération. Mais des rafles ont lieu les 22 et 23 avril à plusieurs endroits du Département. Aimé Merchez tombe lui même dans un traquenard le 24 avril 1944 au parc de la Hotoie à Amiens et est emprisonné à la citadelle d’Amiens. Il est dirigé autour du 16 août sur Compiègne avant d’être finalement déporté le 21 août 1944 au camp de Buchenwald.
Quelques jours plus tard, il atteint les mines de sel et le camp de Neu Stassfurt. Lors de l’évacuation de ce camp en 1945, « une des marches de la mort », il est assassiné le 19 avril 1945 d’une balle dans la tête par un SS à proximité de la commune d’Althommatsch en Allemagne. Épuisé physiquement, il n’était plus en mesure de marcher et de suivre le convoi. Son corps n’a jamais pu être localisé précisément malgré les recherches répétées de ses proches, notamment de sa sœur Geneviève Merchez.
Il sera décoré de la médaille de la Résistance française par décret en date du 24 avril 1946 puis fait chevalier de la Légion d’honneur par décret en date du 25 mars 1957 à titre posthume.
C’est en son honneur que le groupe scolaire de la commune d’Ailly-sur-Somme porte son nom depuis 1954 ainsi qu’une rue du centre-ville d’Amiens.

Les quatre autre membres de la famille auxquels le reste dufonds d’archives se rattache sont :
• Ismérie Merchez, née Delamotte (1887 – 1967) :
Née à Bouchavennes (80) et décédée à Amiens, Ismérie Merchez n’exerce pas de profession. Elle est l’épouse de Théophile Merchez et la mère de Geneviève, Jean et AiméMerchez.
Comme tous les membres de la famille Merchez, elle vit à Péronne avant de résider au 109, rue des Jardins à Amiens puis au 135, rue Abbé de l’épée sans que les périodes temporelles précises concernées par ces habitats successifs ne nous soient connus.

• Théophile Merchez (1879 – 1963) :
Né à Fillièvres (59) et décédé à Amiens, Théophile Merchez est l’époux d’Ismérie Merchez née Delamotte et le père de Geneviève, Jean et Aimé Merchez.
Il exerce la profession de maçon. La teneur des échanges de la correspondance quotidienne entre Aimé et ses proches laisse penser que Théophile Merchez est en déplacement quasi permanent et qu’il ne vit que peu au 135, rue Abbé de l’épée à Amiens. Il semblerait qu’il soit d’ailleurs plus souvent dans l’est du département car Aimé Merchez écrit souvent conjointement à sa sœur et à son père à Nesle (80). Ces déplacements sont
certainement à imputer à son activité professionnelle.

• Geneviève Merchez (1905 – 2004)
Née à Fillièvres et décédée à Amiens, Geneviève Merchez est l’aînée de la fratrie Merchez. Elle se marie en 1929 à Amiens avec Émile Malin, clerc d’huissier à Nesle. Elle suit des études pour devenir Sage-femme entre 1927 et 1929 et s’installe en 1930 à Nesle où un poste de sage-femme y est vacant. Elle yrésidera jusqu’à son décès en 2004.
Elle semble avoir été résistante comme son jeune frère. Elle aidait des personnes à passer des paquets avec l’avantage non négligeable de pouvoir parcourir le canton à bicyclette la nuit en
raison de sa profession.
Elle sera la première femme élue au sein d’un conseil municipal à Nesle et sera même élue première adjointe au maire de Nesle entre 1945 et 1947 puis conseillère municipale entre 1959 et 1965.
En 2009, l’ensemble de ses biens sont vendus selon sa volonté au profit du centre d’action sociale de Nesle à l’exception de ce fonds d’archives, sauvegardé et remis à la commune d’Ailly-sur-Somme avant don au Service intercommunal d’Archives de la Communauté de communes Nièvre et Somme.

• Jean Merchez (1908 – 1928)
Né à Péronne et décédé à Mascara en Algérie, Jean Merchez est le cadet de la fratrie Merchez.

Mode de constitution

Donation

Ancien(s) possesseur(s)

Famille Merchez

Donateur(s)

Geneviève Merchez (1905-2004)

Acquisition

Don(s) .  Les archives qui composent ce fonds ont été rassemblées et conservées par Geneviève Merchez, sage-femme à Nesle.
Il est probable qu’après le décès de ses proches, parents et frères, elle ait pris soin de rassembler les documents ici décrits et ce alors même qu’elle n’était ni récipiendaire, ni émettrice de la plupart d’entre eux comme, notamment, la correspondance que son frère a adressé à leurs parents entre 1937 et 1940 ainsi que les pièces relatives aux hommages posthumes de celui-ci.
En tant que dernière représentante de la cellule familiale Merchez, Geneviève Merchez, décédée en
2004, constitue le réceptacle des mémoires des membres de cette cellule familiale.
Elle fit le souhait que l’ensemble de ses biens soient vendus après son décès au profit de la commune de Nesle, commune d’adoption dans laquelle elle a passé soixante quatorze années de sa vie. Toutefois l’agent communal chargé de ladite vente a mis de côté, par curiosité, une valise contenant l’ensemble du
fonds d’archives. Il a rapidement subodoré que ces documents n’avaient pas leur place dans une telle vente. Ses recherches du lieu idoine pour leur conservation l’ont amené à contacter la commune d’Ailly-sur-Somme en raison du nom que porte le groupe scolaire. La commune en a ensuite fait don au Service
intercommunal d’Archives à des fins de bonne conservation et
d’une meilleure valorisation.
Le fonds a donc été sauvegardé par une succession heureuse de hasards et de volontés éclairées et permet à tous de pouvoir mieux connaître Aimé Merchez, grande figure picarde de la Résistance..

Etat du traitement

Inventorié

Etat d'accroissement

Fonds clos

Informations complémentaires

Nom du responsable du fonds

M. Gautier Gente, responsable du service intercommunal d'archives de la communauté de communes de Nièvre et Somme

Fonds liés

fonds numérisés lés
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