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Manuscrits entrés avant 1904
ou Fonds des Manuscrits côtés Ms 1 à 858

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Mise à jour : 09/03/2020 16:06:28
Manuscrits entrés avant 1904 ou Fonds des Manuscrits côtés Ms 1 à 858

Période des documents

1200 - 1899 

Volume total du fonds

858 titre(s)

Type(s) de fonds

Fonds ancien
Fonds particulier

Permalien

https://ccfr.bnf.fr/portailccfr/ark:/06871/0034930
Fonds des Manuscrits côtés Ms 1 à 858

Description du contenu

Document(s) remarquable(s)

Ms 17 : Liber Amicorum de Jean de Launay, 1595-1658.
Ms 43 : Livre de prières en moyen néerlandais, début du XVIe siècle.
Ms 79 : Livre d’heures de Jeanne Nerbier, 1499.
Ms 158 : Livre d’heures à l’usage de Tournai, vers 14801490.
Ms 179 : Journal de voyage en Terre sainte de Claude Miribel.
Ms 224 : Livre d’heures selon l’usage de Rouen, vers 1474-1480.
Ms 324 : La vie de Cyrus ou Cyropédie de Xénophon par Jacopo Poggio, 1458-1459.
Ms 329 : Recueil de blasons des chevaliers de la Table ronde, XVe siècle.
Ms 368 : Récit du voyage en Chine de Juan Gonzalez de Mendoza
Ms 390 : Livre de la Cité des Dames de Christine de Pisan.
Ms 457 : Recueil de l’histoire de Flandre de Philippe Wielant.
Ms 479 : Évangiles, avec les prologues de Saint-Jérôme de l’abbaye Sainte-Calixte de Cysoing, 1153.
Ms 614 : les Dits moraux des philosophes du prévôt de Paris Guillaume de Tignonville, vers 1445.
Ms 626 : Missel de Jean III de Lannoy, gouverneur de Lille, vers 1459-1460.
Ms 823 : La vie de Gayus Julius Cesar.

Autres données de volumétrie

47 mètres linéaires

Thèmes principaux

Arts.
Histoire.
Littérature.
Mathématiques.
Médecine.
Musique.
Philosophie.
Religion.
Sciences.

Histoire locale.
Lille.

Lieu(x) géographique(s)

Hauts-de-France.  Artois.  Loos.  Cysoing.  Phalempin.  Marquette-lez-Lille.  Hoorn.  Avesnes.  Valenciennes.  Hainaut.  Tournesis.  Lille.  Bouvines.  Tournai.  Gant.  Reims.  Douai.  Mortagne.  Saint-Amand.  Bruyelle.  Warneton.  Flandre. 

Type(s) de documents

Textes manuscrits . 

Accès et catalogues

Conditions d'accès

Consultation sur place dans l’espace patrimoine de la Médiathèque Jean Lévy. L’accès aux documents de ce fonds est possible en étant inscrit à la bmL et en fournissant une demande d’accréditation. Pour toute question : bmpatrimoine@mairie-lille.fr Pour toute information : http://www.bm-lille.fr/patrimoine/

Possibilités de prêt

Non

Possibilités de prêt inter-bibliothèques

Non

Possibilités de reproduction

Un mail de demande de reproduction peut être adressé au Service patrimoine à l’adresse suivante : bmpatrimoine@mairie-lille.fr

Fonds numérisé en ligne

Cliquer ici pour accéder au fonds numérisé
Site patrimoine de la Bibliothèque municipale de Lille

Catalogue(s) et inventaire(s)

Inventaire complet des manuscrits jusqu’au Ms 858 inclus, Lille, 1981. IR-009.
Emile Desplanque, Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, supplément, Paris, Plon, 1903, t. 41, pp. 548-637. IR-008.
Arthur Dinaux, « Catalogue des manuscrits de la bibliothèque publique de Lille dressé par Sir Thomas Philipps, baronnet anglais, en juin 1828, avec additions et corrections », dans Archives historiques du Nord de la France et du Midi de la Belgique, nouvelle série, t. 2, 1838, pp. 461-503. BR8-4540.
Gustav Fr. Haenel, Catalogi librorum manuscriptorum, qui in bibliothecis Galliae, Helvetiae, Belgii, Britanniae M., Hispaniae, Lustaninae asservantur, Lipsiae, I. Hinrichs, 1830, cc. 178-190. 66 239.
André-Joseph Le Glay, Catalogue descriptif des manuscrits de la Bibliothèque de Lille, Lille, Vanackere, 1848, 443 p. IR-006.
Thomas Philipps, Codices manuscripti in bibliotheca publica de Lille, 1828. 96 316 ou 13 555.
Henri Rigaux, Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, Paris, Plon, 1897, t. 26, 627 p. IR-007.
Joseph Roland et Pierre Bourgeois, Inventaire des collections de la bibliothèque de Saint-Pierre, 1397. Publié par André Le Glay dans Catalogue descriptif des manuscrits de la Bibliothèque de Lille, Lille, Vanackere, 1848, 443 p. 13 371 ou 29 241.
Nicolas Saladin, Catalogue des livres de la grande bibliothèque de la ci-devant collégiale de Saint-Pierre de Lille, département du Nord, par N. J. Saladin, commissaire dénommé à cet effet par MM. Les administrateurs composant le directoire du département, 1792. Ms 806.
Antonius Sanderus, Bibliotheca Belgica Manuscripta, Lille, Le Clercq, 1641, 2 vol. 11 412.

Catalogue(s) en ligne

CCFr Manuscrits 

L’histoire des instruments de recherche des manuscrits cotés Ms 1 à 858 commence dès le XIVe siècle avec l’Inventaire des collections de la bibliothèque de Saint-Pierre de Joseph Roland et Pierre Bourgeois, daté de 1397. Il faut ensuite attendre 1641 pour découvrir cette fois le contenu de la bibliothèque de l’abbaye de Loos grâce à la plume de Antonius Sanderus qui rédige un inventaire dénommé Bibliotheca Belgica Manuscripta. Le dernier instrument de recherche contenant les ouvrages d’une seule bibliothèque du secteur est de Nicolas Saladin, missionné pour entreprendre un catalogue des ouvrages (imprimés et manuscrits) provenant de la Collégiale Saint-Pierre. Le Catalogue des livres de la grande bibliothèque de la ci-devant collégiale de Saint-Pierre de Lille semble être effectué après les confiscations révolutionnaires. Cet ouvrage commencé en septembre 1791, est achevé quelques mois plus tard et remis aux autorités commanditaires en mars 1792. Il est aujourd’hui conservé à la bmL sous la cote bmL - Ms 806. On y dénombre 78 manuscrits, décrits succinctement, mais avec quelques détails intéressants : mention de certains colophons, d’illustrations, de la taille des documents, des matériaux utilisés etc.
Le bibliomane Thomas Philipps est le premier à entreprendre un catalogue des manuscrits de la bibliothèque communale de Lille en 1828. Une note manuscrite introduisant le catalogue de Philipps détenu par la bmL nous permet de contextualiser l’origine du Codices manuscripti in bibliotheca publica de Lille (bmL – 96 316). En 1828 Philipps explore les bibliothèques du nord de la France et décide de s’arrêter à Lille pour explorer les ouvrages manuscrits que renferme le dépôt littéraire. Ce catalogue de 304 notices réparties sur 15 pages apporte un bel aperçu de la collection de manuscrits de la Bibliothèque de Lille en 1828. Précisons que ce travail a servi de base pour la constitution d’autres inventaires ou de catalogues. Gustave Haenel a été le premier à reproduire le catalogue de Philipps dans son ouvrage intitulé Catalogi librorum manuscriptorum, qui in bibliothecis Galliae etc en 1830 (bmL – 66 239). Puis, ce fut le cas de d’Arthur Dinaux qui rédige en 1838 un Catalogue des manuscrits de la bibliothèque publique de Lille dressé par Sir Thomas Philipps, baronnet anglais, en juin 1828, avec additions et corrections (bmL – BR8-4540).
Il faut attendre 1848 pour voir paraître un catalogue complet et détaillé du fonds de manuscrits lillois. Nous devons le Catalogue descriptif des manuscrits de la Bibliothèque de Lille (bmL - 13 371) à André Le Glay, directeur des Archives départementales du Nord et auteur de plusieurs livres importants, notamment la correspondance échangée par l’empereur Maximilien Ier et Marguerite d’Autriche. Une première version manuscrite du catalogue des manuscrits lillois, daté de 1842, existe sous le titre Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de Lille par le docteur Le Glay, correspondant de l’Institut. Cet ouvrage n’est pas conservé à la Bibliothèque municipale de Lille mais dans une collection privée. Ce manuscrit semble être un travail préparatoire du futur catalogue publié en 1848. Dans le Catalogue de 1848, Le Glay propose une répartition des 391 documents en fonction des thématiques suivantes : la théologie (118 notices), la jurisprudence (63 notices), l’histoire (150 notices), les sciences et arts (37 notices) et enfin les belles-lettres (23 notices). Alors que dans la version manuscrite Le Glay avait fait le choix de conserver la cotation mis en place par Philipps, la version imprimée propose une nouvelle cotation de 1 à 391 qui sera conservée jusque 1897.
Les catalogues de référence du fonds de manuscrits lillois sont les 2 tomes du Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France ou Catalogue général des manuscrits. Ce catalogue collectif a pour but de décrire l’ensemble des collections manuscrites des bibliothèques françaises publiques à l’exception de la Bibliothèque nationale de France (BnF). La première version est éditée en version papier et débute sous la Monarchie de Juillet sur les bases des travaux entrepris sous l’Ancien Régime et l’époque révolutionnaire. François Guizot, alors ministre de l’Instruction publique, met en place la circulaire de 1833 chargeant les bibliothèques de lui adresser un catalogue de manuscrits. Il soumet alors au roi Louis-Philippe l’ordonnance de 1841 qui prévoit la publication de ces catalogues aux frais du ministère. À la fin de ce projet national le CGM propose 106 tomes en 116 volumes pour 182 000 notices couvrant 519 établissements dont 42 de l’enseignement supérieur. Le 26e tome est dévolu à Lille et est publié en 1897. Il regroupe au total 927 notices rédigées par Henri Rigaux. Les ouvrages catalogués proviennent du fonds général (744 notices) et du fonds Godefroy (183 notices sur 368). Rigaux propose dans ce catalogue un nouveau système de cotation, le classement thématique de Le Glay est conservé mais les ouvrages sont rangés du plus ancien au plus récent à l'intérieur de chaque thème. Émile Desplanque, bibliothécaire à Lille dès 1897 puis archiviste communal à partir de 1911, continue le travail entrepris par Rigaux en rédigeant les notices des manuscrits non inventoriés. Ce travail paraît en 1903 sous la forme du tome 41 du Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France. Au total, Desplanque rédige les notices de 241 ouvrages : les ouvrages du fonds général restants ou acquis depuis l’édition du tome 26 du CGM ainsi que tous les manuscrits du legs Debray qui n’avaient encore jamais été signalé. Le catalogage se fait selon la méthode mise en place par son prédécesseur, ce qui crée un ensemble cohérent entre les deux tomes du CGM. Desplanque continu le système de cotation établi par Rigaux, il reprend la cotation à partir de 745 et termine à 986.
En 1981, un inventaire intitulé Inventaire des manuscrits de la Bibliothèque municipale de Lille jusqu'au Ms 858 inclus a été dactylographié par le personnel de la Bibliothèque municipale. Nous ne savons pas qui en est à l’origine. Il s’agit d’un instrument de recherche très sommaire qui propose les différentes cotes, les titres des ouvrages ainsi que leur provenance. Il s’organise en trois parties qui correspondent aux trois fonds de manuscrits : le fonds général, c’est-à-dire, les manuscrits entrés dans les collections avant 1903 ; le fonds Godefroy issu du Legs de 1875 et le fonds Debray provenant du don de 1891. Précisons que bien que ne proposant qu’un minimum d’informations bibliographiques, cet inventaire a le mérite de mettre à disposition une table de concordance mais aussi de signaler les manuscrits du fonds Godefroy qui n’avaient pas été catalogués par Rigaux. Ce dernier avait rendu visible 183 des 369 manuscrits issus de ce fonds considérablement riche.
Notons qu’aujourd’hui le contenu des notices des deux tomes du CGM est toujours utilisé pour le signalement de ces manuscrits. Malgré une dernière recotation et le travail bibliographique qu’ont pu apporter Rigaux et Desplanque, un besoin de mise à jour, fait toujours office de référence. En 2008 leurs notices sont versées sur le Catalogue Collectif de France (CCFR) où elles sont toujours disponibles.

Historique et constitution

Historique

La collection patrimoniale de la Bibliothèque municipale de Lille comporte aujourd’hui 2395 manuscrits, 858 d’entre eux font partis du fonds coté Ms 1 à 858.
Ce fonds est constitué de manuscrits entrés dans la collection avant 1903.
La bibliothèque du chapitre de la Collégiale Saint-Pierre de Lille est traditionnellement considérée comme l’ancêtre de la Bibliothèque municipale de Lille, son existence est attestée dès le XIVe siècle puisque les collections ont été inventoriées pour la première fois en 1397 par Joseph Roland et Pierre Bourgeois qui dénombrent une petite centaine d’ouvrages. La période révolutionnaire bouleverse le paysage bibliographique lillois puisque les collections des établissements religieux sont rassemblées dès 1806.
Il s’est ensuite accru grâce à une politique d’enrichissement (dons, legs ou achats) qui a été menée par plusieurs générations de bibliothécaires.


Le fonds de manuscrits cotés Ms 1 à 858 est tout particulièrement précieux et couvre une période allant du XIIe au XIXe siècle, elle retrace l’histoire locale et nationale : ouvrages religieux, documents autographes ou historiques etc. se côtoient dans la réserve précieuse de l’établissement. À l’origine, ces documents ont été rassemblés lors de la période révolutionnaire. Un grand nombre provient donc des établissements religieux du secteur lillois. Mais ce fonds s’est également enrichi au fil du temps par des acquisitions, dons et legs grâce au travail des bibliothécaires et conservateurs qui se sont succédés.
Les manuscrits issus des confiscations révolutionnaires :
La riche abbaye de Marquette, qui avait reçu les sépultures de Fernand de Portugal et de Jeanne de Constantinople, ses fondateurs, n'a fourni qu'un seul manuscrit en raison d’un pillage au XVIe siècle. Il s’agit d’une histoire de cette institution religieuse (Ms 490).
Fondée dans la première moitié du XIe siècle par le châtelain de Lille, l’abbaye de Phalempin a enrichi de 5 manuscrits les collections de la bmL : un récit du voyage en Chine de Juan Gonzalez de Mendoza (Ms 368) et des ouvrages de la littérature religieuse (Mss 43, 44, 363 et 814-816).
Peu de temps après sa fondation, le couvent des dominicains de Lille recevait de Jeanne de Constantinople et de Wautier de Marvis, évêque de Tournai, un don important d'ouvrages théologiques comprenant un psautier grec (Ms 12), une bible (Mss 835-838) ainsi que des ouvrages concernant la vie des dominicains (Mss 138, 298 et 672). 7 manuscrits proviennent de ce couvent.
Quelques années après les Dominicains, les Récollets venaient s'établir à Lille. Leur couvent, qui a abrité, pendant la Révolution et après, les richesses littéraires et artistiques des établissements supprimés, n'a fourni que des écrits religieux à la bmL. Ces 4 manuscrits sont les suivants : Mss 11, 157, 372 et 636.
L’Hospice Notre-Dame, dénommé « Comtesse », en souvenir de sa fondatrice Jeanne de Constantinople, a fourni 14 manuscrits à la bmL. Le nombre peu élevé d’ouvrages serait dû à la destruction de la bibliothèque de l’établissement par un incendie au XVe siècle. Les manuscrits provenant de l’Hospice Comtesse sont surtout des écrits religieux comme une hagiographie (Ms 350), 2 bréviaires (Mss 18 et 33), un psautier (Ms 47), un recueil de prières (Ms 43), 2 livres d’heures (Mss 96 et 111) ou encore une copie du Recueil de l’histoire de Flandre de Philippe Wielant (Ms 361) et un glossaire latin-français (Ms 147).
L’abbaye de Cysoing est fondée par Evrard, gendre de Louis le Débonnaire, elle reçoit, vers 869, un don de livres du prêtre Walgaire. 39 manuscrits proviennent de cette abbaye et du prieuré de Beaurepaire en dépendant. Sans surprise, les ouvrages à caractère religieux prédominent : recueils de sermons (Mss 133, 148, 289-291), missel (Ms 704), des copies des traités d’Albert Legrand (Ms 331) ou de saint Grégoire (Ms 385), des écrits théologiques (Mss 341, 370) et enfin une copie du De consolatione philosophiae de Boèce (Ms 7). Notons également les Évangiles, avec les prologues de Saint-Jérôme (Ms 479), ouvrage exceptionnel tant pour sa reliure que pour ses enluminures. Ce qui est plus inattendu, c’est le nombre non négligeable de traités médicaux provenant du legs fait par le médecin Guillaume de Naste à l’abbaye : recueils de théologie annotés (Mss 373-377, 387), ouvrages de médecine (Mss 353, 394, 395, 396 et 397) comme les traductions des Canons d’Avicenne par Jacques Despars.
Abbaye cistercienne de Loos est fondée par Thierry d'Alsace conservait 159 manuscrits dans la bibliothèque du couvent et chez l'abbé. Un premier catalogue de cette collection avait été rédigé par Antonius Sanderus et nous décrit une variété d’ouvrages concernant l’histoire, la littérature religieuse et l’ordre de Cîteaux. 60 de ces manuscrits ont rejoints les collections de la bmL. Jacques Lemaire en établit une liste non exhaustive : « la Bibliothèque municipale a hérité de soixante ouvrages (en soixante-quatre volumes), qui concernent surtout l’ordre de Cîteaux (Mss 48, 155, 222, 677) ou la littérature religieuse, avec des bibles (Mss 37, 592), des évangiles (Mss 641, 681 et le 723 qui contient la traduction de Jean de Vignay), des missels (Mss 481, 525, 575, 705), des vies des saints (Mss 202, 216, 587), des recueils de sermons (Mss 6, 88, 131, 184, 204, 217) et des écrits de saint Ambroise (Ms 292), de saint Bernard (Ms 701), de saint Clément (Ms 630) ou de saint Grégoire le Grand (Mss 9, 565, 607). Mais l’histoire est aussi représentée dans les collections de Loos : on y relève les Mémoires d’Olivier de la Marche (Ms 794), les Chroniques de Jean Molinet (Ms 349) et le Journal de voyage en Terre sainte de Claude Miribel (Ms 179).
Terminons par le fonds d’ouvrages de la collégiale de Saint-Pierre qui constitue l’héritage principal des collections et qui est considéré comme l’ancêtre de la future bibliothèque municipale de Lille. Fondé par Baudouin de Lille, ce chapitre possédait une bibliothèque qui se développa considérablement à partir de la Renaissance. À partir du XVIIIe siècle, la bibliothèque de Saint-Pierre s’accroît grâce à deux chanoines que André Desplanque décrit comme suit : « Ce fut l’œuvre de deux Valory, l’oncle et le neveu : Raymond-Louis, trésorier de la collégiale de 1713 à 1741, et Paul, doyen du chapitre, français d’origine tous deux, bien apparentés, riches, pieux d’ailleurs, et amateurs éclairés des choses de l’esprit. » Ils ont permis un développement considérable et qualitatif des collections tout comme l’ouverture de la bibliothèque au public à partir de 1726. Tous les lillois pouvaient s’y rendre le mardi et le jeudi et pouvaient même emprunter des ouvrages. 69 manuscrits en 88 volumes de la bmL proviennent de cette bibliothèque. Jacques Lemaire attire l’attention de ses lecteurs sur quelques titres: « Les écrits théologiques ou les ouvrages pieux l’emportent par le nombre. Ce sont des missels (Mss 391, 626, 807), des livres d’heures (Mss 92, 158, 224), des livres d’exorcisme (Mss 118, 314) ou des récits hagiographiques (Mss 383, 795). L’histoire est bien représentée, avec des copies des Chroniques de Jean Molinet (Mss 519-521, 639), la traduction par Nicolas de Gonesse des Facta et dicta memorabilia de Valère Maxime (Ms 732) et le Recueil de l’histoire de Flandre de Philippe Wielant (Ms 457). Quelques œuvres littéraires marquantes figurent parmi les témoins conservés de la collégiale : des écrits édifiants comme les Miracles de Gautier de Coincy (Ms 190), les Dits moraux des philosophes du prévôt de Paris Guillaume de Tignonville (Ms 614) et le Livre de la Cité des Dames de Christine de Pisan (Ms 390), ou des compositions plus légères, comme un fameux recueil de rondeaux d’amour (Ms 308). » Permettons-nous d’enrichir les propos de Jacques Lemaire en précisant que certains manuscrits du XVe siècle de la collégiale de Saint-Pierre de Lille proviennent de la bibliothèque de Jean de Lannoy, chevalier de la toison d’or et conseiller du duc de Bourgogne. Comme par exemple La vie de Gayus Julius Cesar (Ms 823), avec d’intéressantes miniatures en grisaille.
Les manuscrits issus d’une politique d’acquisition :
Les choix des bibliothécaires et conservateurs se sont essentiellement tournés vers des ouvrages à vocation régionale (auteur ou copistes locaux, sujets historiques lillois etc.). Quelques acquissions médiévales sont tout de même à noter.
Les acquisitions volontaires ont été relativement nombreuses au XIXe siècle. En épluchant le tome 41 du Catalogue général des manuscrits il est possible de dénombrer 46 acquisitions pour cette période. Jacques Lemaire fait un compte rendu de ces acquisitions : « nous en avons relevé plus de soixante attestations dans l’Inventaire des manuscrits de la Bibliothèque de Lille. La plupart des manuscrits acquis à la suite d’une vente contiennent des œuvres modernes (XVIIIe et XIXe siècle). Trois d’entre eux datent du XVIe siècle (Mss 323, 325, 437) et neuf ont été transcrits au XVIIe siècle (Mss 105, 109, 360, 380, 631, 741, 745, 746, 747). »
Les dons et legs ont également été abondants. Plusieurs membres du personnel de la bibliothèque ont permis d’étendre la collection patrimoniale, c’est le cas de la famille de Valory, de François Lafuite, d’Eugène Debièvre et d’Henri Rigaux. Les donations sont le plus souvent accomplies par les héritiers des auteurs, comme par exemple Henri Dupont qui confie à la bibliothèque en 1855 la Topographie médicale de Lille de son père Jean-Baptiste Dupont (Ms 598) où Adèle Colette-Derode qui offre en 1873 les Echos poétiques de Victor Derode. On note également pour les donations : un Coran (Ms 215), les Comptes de la collégiale Saint-Pierre de Lille (Mss 317 et 408), une version de 1580 des Aemilii Papiniani libri responsorum (Ms 35) ou encore la Relation de la joyeuse entrée de Philippe d’Espagne à Lille le 4 aout 1549 (Ms 439). La famille Gentil donne un traité d’astronomie (Ms 182) et divers écrits sur Lille (Mss 146, 332, 512-513). Soulignons enfin, que de nombreux bibliophiles ont pu faire des dons de leurs ouvrages. Mettons en avant Monsieur Dubrunfaut, qui a fait don de manuscrits remarquables : les Lettres autographes de Voltaire (Ms 739), la traduction des Élégies de Tibulle annotée par Mirabeau (Ms 253), une copie autographe du Dictionnaire de musique de Jean-Jacques Rousseau (Ms 270) ou des pièces écrites de la main de Bossuet (Ms 278).
Aujourd’hui, les acquisitions de manuscrits sont encadrées par une politique patrimoniale qui énonce les axes de conservation et de développement des collections. Rédigée en 2017 puis validée en 2018 par la municipalité, elle annonce que « le développement des collections patrimoniales doit être réalisé de manière raisonnée en tenant compte de l’intérêt des acquisitions par rapport aux fonds présents et à la politique patrimoniale de la collectivité. »

Ancien(s) possesseur(s)

Collégiale Saint-Pierre de Lille Abbaye de Marquette Abbaye de Phalempin Couvent des dominicains de Lille Couvent des Récollets de Lille Hospice Comtesse de Lille Abbaye de Cysoing Abbaye de Loos

Acquisition

Achat(s) ,  Don(s) ,  Legs ,  Confiscation(s) révolutionnaire(s)

Etat du traitement

Numérisé : Partiellement numérisé
Catalogué
Inventorié

Etat d'accroissement

Fonds clos

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